Congrès du PS : Boris Vallaud soutient Olivier Faure – L'Obs

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Le patron des députés socialistes étrille la réforme des retraites du gouvernement Borne. A une semaine du début du congrès du PS, l’élu des Landes officialise son soutien au premier secrétaire sortant.
Le gouvernement présentera mardi 10 janvier en détail la réforme des retraites. Il prévoit d’allonger l’âge légal de départ à 64 ou 65 ans mais aussi d’améliorer les petites pensions. Comment abordez-vous cette réforme : logique constructive ou opposition frontale ?
Le gouvernement fait en sorte que le sujet ne soit pas divisible. Il nous propose d’avaler une pilule amère dans une cuillère de miel mais elle reste amère. Nous disons non à un report de l’âge légal, c’est un refus catégorique. Oui, il y a besoin de prendre en compte la question de la pénibilité, ça fait cinq ans qu’on le dit. Qui a foutu en l’air le compte de prévention de la pénibilité ? Le gouvernement. En réalité, il veut faire payer aux classes populaires et aux classes moyennes le « quoi qu’il en coûte ».
C’est-à-dire ?
C’est la question sous-jacente : qui va rembourser le « quoi qu’il en coûte » ? Nous avons fait des propositions de justice fiscale : que les hauts patrimoines et les multinationales, en particulier celles qui ont fait des superprofits pendant la crise, soient mis à contribution. Le gouvernement n’en a pas voulu. Il préfère réduire les droits du plus grand nombre en réformant l’assurance chômage, le RSA, les retraites…
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit un déficit dans les années qui viennent. Que feriez-vous, si vous étiez au pouvoir ?
Y a-t-il péril en la demeure ? Non. Le COR le dit explicitement. Oui, il prévoit un déficit. Mais reporter l’âge de départ n’est pas la seule mesure possible pour le résorber. Regardez ce que suggère l’économiste Michael Zemmour. Il propose de nombreuses pistes : on peut jouer sur les cotisations, renoncer à la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, socialiser des primes qui ne le sont pas… Que fait le gouvernement ? Il choisit la plus injuste des mesures. Le combat de la gauche rassemblée, à l’unisson des organisations syndicales rassemblées, doit être le refus du report de l’âge légal.
Un front du refus se dessine. Mais que proposent les socialistes ? Défendent-ils une « retraite à 60 ans à taux plein pour tous après quarante annuités », comme le dit le programme de la Nupes ou le maintien à 62 ans comme le préconisait Anne Hidalgo ?
Nous sommes en train de travailler à une proposition commune avec l’ensemble de nos partenaires de gauche. Il y a besoin de mettre de la justice dans un système qui en manque. En premier lieu pour ceux qui ont des carrières longues, pénibles, hachées. Vous voyez bien que c’est dans la meilleure des carrières qu’on se construit la meilleure des retraites. Or le gouvernement a abîmé le marché du travail, avec la réforme de l’assurance chômage, l’ubérisation de l’économie, son refus obstiné d’augmenter les salaires et de s’attaquer à l’égalité femmes hommes. La retraite à 60 ans, d’abord pour ceux que je viens d’évoquer, est un horizon que nous défendons. Nous continuons à travailler sur les modalités. Mais nous ne sommes pas dans une campagne présidentielle. Je ne veux pas donner au gouvernement la possibilité de débattre d’autre chose que de la retraite à 65 ans. Il ne peut y avoir d’échappatoire. Le gouvernement doit être mis face à cette responsabilité immense d’abîmer des vies des Français qui galèrent.
N’est-ce pas une limite de la Nupes ? Se profile cette réforme majeure annoncée depuis des mois, et la gauche n’a pas de proposition commune évidente…
Attendez : le front du refus est extrêmement important. Vouloir remettre de la justice, pérenniser les financements, se préoccuper du niveau des pensions, des carrières longues, pénibles, de l’espérance de vie en bonne santé… Ce sont là des sujets qui nous unissent. On sera d’autant plus efficace pour faire reculer le gouvernement si nous portons un message simple : le but, c’est de le faire reculer. Les carottes ne sont pas cuites. Dans ma circonscription, je sens des Français à cran, fatigués, inquiets de ne pas réussir à vivre de leur travail. Et j’entends une question : pourquoi le gouvernement fait ça ?
L’année n’a pas été simple pour le Parti socialiste avec le mauvais score d’Anne Hidalgo à la présidentielle (1,75 %). Qui avez vous décidé de soutenir au congrès du parti ?
Je soutiens le tandem que forment Olivier Faure et la maire de Nantes, Johanna Rolland ! Depuis six mois, en tant que président du groupe PS à l’Assemblée, je suis au cœur de l’union de la gauche à travers l’intergroupe qui se réunit chaque semaine. Un constat s’impose : nous avons réussi à être dans une union de la gauche et à être pleinement et authentiquement socialistes. Cette union est une addition, pas une soustraction. Avec nos partenaires, nous avons mené de nombreux combats communs : sur l’augmentation du Smic et des salaires, la justice fiscale, la transition écolo et la défense des services publics…
En interne, vos adversaires vous accusent de vous être couchés devant la France insoumise…
… Et nous avons fait depuis six mois la démonstration du contraire. L’intergroupe est le premier lieu de l’altérité, de la confrontation, du débat. Il peut être rugueux mais il se révèle fructueux. Nous, les socialistes, avons notre autonomie dans les discussions. Je n’ai pas le sentiment d’avoir enfilé une camisole. Toute union de la gauche se construit dans une espèce de tension. Proposer l’union avec soi-même, j’ai peur que ce soit un peu court. Un des leviers de la refondation de la gauche, que toutes les motions suggèrent, c’est précisément la Nupes.
Vous dressez un bilan très flatteur de la Nupes. Or les désaccords sont nombreux. Sur l’Ukraine, les motions de censure, l’affaire Quatennens… Et on se dirige déjà vers des listes autonomes aux élections européennes. La Nupes n’est-elle pas déjà morte ?
Au contraire ! J’y vois la démonstration que c’est un corps vivant. Finalement, si vous n’aviez pas été témoins de tout ça, des accords, des désaccords, c’est que nous aurions été un corps mort. Nous sommes dans une phase d’apprentissage qui n’est pas simple. Nous devons travailler dans un parlement sans majorité absolue, avec une extrême droite nombreuse dans un « parlementarisme de fait » dont on n’a pas le mode d’emploi. A gauche, on ne s’était pas parlé depuis des années. On se reparle et c’est tant mieux. Il y a des contradictions entre nous. Le travail exigeant, c’est de les surmonter. Et le Parti socialiste doit y prendre toute sa part. Mon soutien au tandem Faure-Rolland est un soutien exigeant.
Qu’entendez-vous par exigeant ?
Je veux que notre parti se mette au service des classes populaires laborieuses, celles qui n’ont que leur travail pour vivre. Notre défi pour nous, c’est de couper la route des catégories populaires à l’extrême droite. Je veux un parti au service des gens, un parti populaire. Ma deuxième exigence, c’est un parti qui ne soit justement pas recroquevillé sur lui-même. Je veux un parti ouvert à ses militants, ouvert à la gauche orpheline qu’on croise tous les jours, cette gauche qui continue de s’engager dans les associations, dans les syndicats, qui nous attend et qui nous dit : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider ? »
Aux dernières législatives, la gauche a fait des mauvais scores dans la France périphérique et rurale. Comment reconquérir ces électeurs ?
Je suis élu dans un milieu rural, les Landes, où le RN est en conquête. Les Français que je rencontre chaque semaine se demandent pourquoi les services publics de santé, de police, se sont éloignés, pourquoi les politiques publiques qui leur sont destinées sont inintelligibles. Nous, les socialistes, avons perdu le contact avec beaucoup. Pour les convaincre, il faut retourner sur le terrain, être dans la proximité, dans l’écoute. Nous devons nous attaquer sans jugement à tout ce qui taraude les Français, à la question du travail, de l’insécurité, comme à celle du recul des services publics et à la simplification des démarches. Mais il faut y répondre par la gauche.
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