Comment Yuki Tsunoda peut devenir un des meilleurs en F1… – Sport Auto

A la fois membre de la filière Red Bull et protégé du constructeur Honda, Yuki Tsunoda pourrait sembler surprotégé, avec un avenir en F1 gravé dans le marbre pour quelques saisons.
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Pourtant, alors que nous rencontrions le pilote AlphaTauri après la trêve estivale et avec la perspective de disputer – enfin – le Grand Prix du Japon à Suzuka devant son public, Tsunoda n’avait pas encore été prolongé par Helmut Marko, le responsable des pilotes Red Bull (ce qui est désormais chose faite).
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Cette incertitude n’enlève rien à l’enthousiasme et à la bonne humeur de ce petit bonhomme d’à peine 1,60 m, qui à 22 ans est considéré comme l’élément le plus turbulent de la F1.
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Un genre d’élève doué et sympathique, mais coupable des plus grosses bourdes par manque de sérieux ou de concentration, au point de rendre fous ses professeurs.
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Une course assez calme en piste mais diablement intense stratégiquement.
Crédit Photo : Zak Mauger / LAT Images
Une différence de stratégie qui a tourné à l’avantage de Red Bull.
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Max Verstappen (Red Bull) est parti en pneu soft tout comme son équipier Sergio Perez (Red Bull).
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Derrière Red Bull et Mercedes, Ferrari s’est faite très discrète. Sainz devance Leclerc pour une lointaine 5eme et 6eme place.  
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Daniel Ricciardo (McLaren) a réalisé certainement la meilleure course de sa saison, grâce à une stratégie audacieuse.
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Derrière, c’est le duel entre McLaren et Alpine qui intéresse les passionnés.
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Une course marquée par le nouvel abandon de Fernando Alonso (Alpine) suite à un problème mécanique. 
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Elève turbulent au langage parfois fleuri sous les couleurs d’AlphaTauri, le Japonais Yuki Tsunoda a pourtant démontré qu’il avait le potentiel pour devenir un des meilleurs éléments de la classe F1. Analyse.
A la fois membre de la filière Red Bull et protégé du constructeur Honda, Yuki Tsunoda pourrait sembler surprotégé, avec un avenir en F1 gravé dans le marbre pour quelques saisons.
Pourtant, alors que nous rencontrions le pilote AlphaTauri après la trêve estivale et avec la perspective de disputer – enfin – le Grand Prix du Japon à Suzuka devant son public, Tsunoda n’avait pas encore été prolongé par Helmut Marko, le responsable des pilotes Red Bull (ce qui est désormais chose faite).
Cette incertitude n’enlève rien à l’enthousiasme et à la bonne humeur de ce petit bonhomme d’à peine 1,60 m, qui à 22 ans est considéré comme l’élément le plus turbulent de la F1.
Un genre d’élève doué et sympathique, mais coupable des plus grosses bourdes par manque de sérieux ou de concentration, au point de rendre fous ses professeurs.
Plus étonnant encore chez un pilote japonais, Tsunoda n’a pas la langue dans sa poche. Depuis la retraite de Kimi Räikkönen, ce sont les conversations radio – ou plutôt les engueulades – de Yuki avec son ingénieur de piste qui font le buzz.
On ne compte plus ses écarts de langage et la richesse de ses jurons, proférés dans un anglais qu’il maîtrise parfaitement (autre rareté chez les pilotes du Soleil‑Levant), est fameuse. Mais ces dérapages verbaux ne sont pas du tout du goût de ses employeurs, à commencer par son patron chez AlphaTauri, l’austère Franz Tost.
Et ce qui a fait dire à Helmut Marko, le responsable de la filière des jeunes pilotes Red Bull : « Yuki est un enfant à problèmes. » Ce qui n’a sûrement pas plu aux parents de Tsunoda. Mais dans l’urgence, le docteur Marko n’est pas du genre diplomate.
Il s’est empressé de trouver un psychologue afin que Tsunoda travaille sur ses émotions et le moyen de les canaliser, surtout lorsqu’il est au volant de sa F1. On y reviendra.
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L’été dernier, c’est également l’intraitable Marko qui avait fait déménager Yuki Tsunoda de son studio anglais de Milton Keynes pour l’installer en Italie, à proximité de l’usine AlphaTauri. Yuki avait vu comme une sanction ce changement dans ses habitudes d’adolescent indépendant – studio transformé en capharnaüm, linge sale en boule, odeurs douteuses et lit jamais fait.
Après quelques mois de régime italien, Yuki Tsunoda reconnaît que sa vie de sportif de haut niveau est plus équilibrée.
« C’est vrai que là-bas (en Angleterre, ndlr.), je ne travaillais pas assez, je tournais en rond chez moi, j’étais paresseux. Je suis très content d’être en Italie, je fais beaucoup plus de choses. Déjà, je mange plus sainement. Avant je faisais n’importe quoi, je commandais chez Uber Eats presque tous les jours. »
« A Faenza, j’ai construit une nouvelle relation avec les ingénieurs. Entre les Grands Prix, je suis à l’usine quasi tous les jours. J’y fais également mes séances de gym quotidiennes. La plus grosse contrainte est de devoir voyager vers l’Angleterre pour les séances de simulateur (situé à l’usine Red Bull de Milton Keynes, ndlr.), ça m’aide à mieux comprendre la voiture. Le bon côté, c’est que j’y retrouve des techniciens qui connaissent les meilleurs restaurants japonais. »
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En 2021, quelques mois avant ce déménagement, le débutant Yuki Tsunoda a toutefois connu des problèmes plus inquiétants que ces petits tracas ménagers. Sur le plan sportif, la désillusion a été soudaine et précoce, comme l’explique le pilote japonais, qui semble encore en souffrir.
« L’année dernière, je n’avais réellement aucune idée de comment aborder les choses. J’ai très bien commencé à Bahreïn, trop bien peut-être (en se classant 9e et en marquant ses premiers points à son premier grand prix, ,ndlr.), mais au Grand Prix suivant, à Imola, j’ai eu un accident en qualification et ça m’a fait perdre ma confiance. Mais vraiment, il m’a fallu du temps. C’est un long processus. »
« Et j’ai eu beaucoup de mal à reconstruire cette confiance. L’équipe m’a soutenu, bien sûr. Alex Albon (le Thaïlandais ex-pilote Red Bull, ndlr.) m’a aidé également en me parlant de la façon dont lui aussi avait travaillé à retrouver la confiance après son passage chez Red Bull. »
Alors que la plupart des débutants venant des formules de promotion évoquent le choc d’être sollicités, écoutés, interrogés par des dizaines de techniciens lorsqu’ils débarquent en F1, Tsunoda a été surpris par tout autre chose : l’intérêt que suscite la F1 au-delà du paddock et des circuits.
« Oui, la pression médiatique et celle des réseaux sociaux et tous ces gens qui veulent savoir ce que vous faites, où vous êtes, et qui suivent les moindres gestes et déclarations des pilotes. Il y a aussi les obligations promotionnelles, nombreuses et très importantes si on écoute ceux qui les organisent. Il m’a fallu me familiariser avec tout ça. »
Sur le plan sportif, le jeune Japonais commence à trouver ses repères. Sa deuxième saison peut paraître décevante avec 12 points marqués (au soir du Grand Prix du Mexique, ndlr.), mais c’est à comparer avec les 23 points, seulement, inscrits par l’expérimenté Pierre Gasly.
Preuve que l’AlphaTauri AT03 est loin d’être au niveau de celle de 2021. Tsunoda se sent toutefois plus à l’aise au volant.
« Je maîtrise mieux le rythme de course, je pense. Je sais mieux comment faire à l’approche d’une course et la façon d’aborder les nouveaux circuits, par exemple. L’expérience que j’ai de 2021 fait que j’ai une meilleure idée des solutions en fonction de certains paramètres ou problèmes. Je ne suis plus dans l’inconnu et ça me rend plus relax. »
A cette dernière affirmation, nous sommes obligés de rétorquer au fougueux pilote qu’il semble toujours nerveux et très expressif à la radio, même si ses échanges sont désormais moins « bipés » par la réalisation télévisée (par excès de pudeur, les insultes sont censurées).
https://twitter.com/SportAutoMag/status/1586961279394136064
« Quand je m’exprime ainsi, c’est que je ne suis pas satisfait. J’ai toujours été comme ça. Je crois bien que, déjà en karting, parfois je hurlais dans mon casque, mais bon il n’y avait pas de radio. Mais c’est pire depuis que je suis en F1, car chaque erreur coûte cher et est beaucoup plus pénalisante. Je travaille là-dessus en essayant d’être plus calme quand je donne mon feed-back. Car je sais que certains commentaires ou réactions ne sont pas bénéfiques. »
D’autant qu’Helmut Marko ne les apprécie pas vraiment. L’Autrichien n’a pas manqué de donner sa vision des choses sur ce sujet : « Ses accès de rage à la radio sont allés trop loin à un moment donné. Jurer en anglais, c’est ce qu’il a appris chez Carlin (écurie pour laquelle il a couru en F2 en 2020, ndlr.). Mais si vous jurez en plein milieu d’un virage, ce n’est pas bon. Vous ralentissez. »
« C’est ce qu’on lui a expliqué, qu’il doit arrêter ça. De plus, l’ingénieur ne peut rien faire avec des commentaires comme ‘putain de voiture’. Ce que nous avons besoin de savoir, c’est : que fait exactement la voiture ? Il doit l’analyser et ensuite le dire de manière factuelle. »
Franz Tost, qui dirige l’équipe AlphaTauri, ne manque pas non plus de rappeler sèchement à l’ordre son jeune pilote au moindre écart. Il affiche pourtant une certaine tendresse pour ce garçon de 22 ans qu’Helmut Marko a donc qualifié « d’enfant à problèmes ». Tost en fait son affaire.
« J’aime les enfants à problèmes, car ce sont ceux qui sont vraiment bons. On peut en tirer quelque chose. Je n’aime pas les petits saints. Yuki fait des erreurs. Il le sait et travaille là-dessus. Il reste dans sa phase de développement. Il est rapide, et fait les choses à sa manière. Ça prend un peu de temps. »
Ce qui n’empêche pas Franz Tost de voir rouge parfois, et qu’il aimerait sans doute pouvoir taper sur les doigts de ce sale gosse. Comme à Monza, où Tsunoda a encore récolté des réprimandes qui lui ont valu de reculer de plusieurs places sur la grille de départ.
« Dans la voiture, il fait un très bon travail. Il doit juste contrôler ses émotions et être plus discipliné parce qu’ignorer un drapeau jaune en essais libres, ce n’est pas très intelligent », a pesté Tost.
Comme souvent, Tsunoda a mis cette erreur sur le compte d’une mauvaise communication avec son ingénieur de piste.
« Il y a eu un peu d’incompréhension à la radio, il m’a dit de continuer mon tour. C’est pourquoi je n’ai pas vraiment ralenti. En fait, il voulait dire de ne pas rentrer à cause de ça. Nous nous sommes mal compris. Néanmoins, c’est ma responsabilité. »
Malgré ses quelques errements, Yuki Tsunoda garde la confiance de Red Bull, même si Tost et Marko, qui aiment souffler le chaud et le froid, ne manquent jamais de mettre un bémol à leurs rares compliments. Le duo soulignant que c’est ce qu’ils attendent des pilotes qu’ils forment. Un long chemin depuis les premiers tours de roues.
« Yuki est déjà au niveau de Gasly en matière de vitesse sur un tour. En course, les choses ne se passent pas aussi bien pour lui que pour Pierre. Yuki a le potentiel pour gagner des grands prix. »
https://twitter.com/SportAutoMag/status/1586795077850255361
Le jeune homme a découvert le karting à l’âge de 4 ans sur une piste aperçue du haut d’une autoroute et vers laquelle son père a accepté de faire un détour.
C’est ainsi que le paternel s’est retrouvé à faire la mécanique de son fiston jusqu’à ses 16 ans, âge auquel il est passé à la monoplace (Formule 4 japonaise).
Dès l’année suivante, en 2017, Yuki devenait un pilote Honda et les liens unissant le motoriste nippon à Red Bull ainsi que des résultats convaincants ont facilité son intégration à la filière autrichienne.
Comme souligné par ses parrains, Tsunoda est toujours en période d’apprentissage et mérite de poursuivre l’aventure en F1, même s’il reconnaît humblement ne pas encore être prêt à rejoindre une équipe de premier plan comme Red Bull.
Ses résultats sont toutefois honorables. Il fait presque jeu égal avec Pierre Gasly en qualification, accusant cependant un déficit de près de 3 dixièmes en moyenne dans cet exercice. L’occasion de lui demander si le Normand est vu comme un « professeur » ou un « adversaire ».
Avec une sincérité désarmante, Yuki Tsunoda affirme : « Pierre ne m’apprend pas grand-chose. Cette année, nous sommes un peu plus proches en course. Il y a plus de compétition, mais notre relation reste excellente. Bien sûr, c’est une bonne référence, avec son expérience. Nous n’en sommes pas au même point de notre carrière. »
Pour ce qui est du bilan d’étape et comptable de Tsunoda, il est plutôt honorable. Le pilote AlphaTauri est le 25e  pilote nippon à courir en F1. Et il n’a pas à rougir de la comparaison avec ses compatriotes Takuma Sato et Kamui Kobayashi, qui furent d’honnêtes élèves, moins dissipés mais aussi moins drôles.
Retrouvez notre analyse sur Yuki Tsunoda dans le Sport Auto n°728 du 30/09/2022.
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