Comment la coopérative Scar Dordogne envisage l'agriculture de demain – La Tribune Bordeaux

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« L’objectif est de donner corps à toutes nos actions qui vont dans le sens de la transition environnementale, mais dont l’éparpillement ne facilite pas toujours la visibilité. » Directeur général de Scar Dordogne, Olivier Cowez entend bien s’appuyer sur le dispositif régional Neocoop pour aider sa coopérative à structurer une démarche de transition écologique engagée depuis plusieurs années. La coopérative ribéracoise, l’un des plus gros collecteurs de grains de Dordogne avec près de 110.000 tonnes collectées en moyenne chaque année, figure en effet parmi les sept premières coopératives bénéficiaires de ce dispositif, lancé par la Région dans le cadre de sa feuille de route Neo Terra.
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Lui en est convaincu : la coopérative peut et doit jouer le rôle de « tête de pont », pour « guider les agriculteurs dans les virages qui se présentent à eux, à la fois en répondant à leurs attentes, en les orientant, mais aussi en les informant ».
Multi-métiers (collecte, donc, pour 45 % du chiffre d’affaires, distribution de semences, engrais et protection des cultures pour 30 % du CA, fourniture de matériel et d’alimentation animale pour 15 %, et vente au grand public pour 10 %), Scar Dordogne peut de fait multiplier les axes d’actions. À l’issue de la première journée de rencontre organisée dans le cadre de Neo Coop le 6 octobre dernier, les 15 participants (salariés, administrateurs et exploitants membres de la coop) ont ainsi retenu trois thématiques d’interventions.
Coopérative Scar
La première journée de travail dans le cadre de Néocoop s’est tenue le 6 octobre dernier (crédits : Scar).
D’abord, réduire l’usage des phytosanitaires de synthèse en maintenant la rentabilité économique, énergétique et humaine des exploitations. « Il faut trouver le bon équilibre, réduire l’usage des pesticides peut vouloir dire utiliser davantage les tracteurs, donc une dépense énergétique plus lourde ; et s’il faut faire appel à davantage de main-d’œuvre, cela aura aussi un coût », détaille Olivier Cowez, soulignant deux enjeux plusieurs fois répétés par les participants à cette première réunion : « la problématique de la valorisation de ces pratiques dans le prix de vente et celle de la distorsion de concurrence avec les pays étrangers ».
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Cela étant, la coopérative compte donc « élargir [sa] gamme de produits de biocontrôle », et renforcer ses essais « sur de nouvelles semences, ou pour optimiser les rotations de cultures », et valoriser ces actions au moyen de certificats d’économie de produits phytosanitaires (1).
Deuxième axe d’action : « encourager l’adaptation des systèmes de cultures en fonction des possibilités offertes par le marché et des conditions climatiques locales », « en travaillant par exemple sur la sélection variétale », illustre Olivier Cowez.
Enfin, la coopérative s’engage en faveur « d’une optimisation des consommations énergétiques et d’un stockage du CO2 à l’échelle du territoire », stratégie en particulier incarnée par le projet de méthaniseur qu’elle nourrit depuis cinq ans sur la commune de Saint-Séverin.
« Ce projet est motivé par plusieurs raisons : les surface d’élevage diminuent, sous l’effet notamment des départs en retraites, et donc on se retrouve avec des espaces enherbés non exploités ; en récoltant ces surfaces pour alimenter le méthaniseur, on évite ainsi de refermer les espaces agricoles, on produit du gaz injecté, et on récupère in fine un engrais organique », défend Olivier Cowez. Mais pour l’heure, le projet est suspendu par un recours, un collectif de citoyens locaux ayant saisi le Tribunal administratif de Poitiers pour le faire annuler.
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Au-delà, la coopérative envisage d’améliorer le bilan énergétique de ses propres installations, notamment en modernisant sa chaîne logistique de traitement des grains. « Néocoop peut nous aider à concevoir un plan de modernisation de nos installations. Nous pourrions, par exemple, faire de notre site un pilote pour tester un séchoir à biomasse », suggère ainsi Olivier Cowez. « C’est le type de projet que nous pourrions réaliser et pour lesquels nous aimerions être accompagnés, y compris, si possible, sur le plan financier ».
(1) Sur le même modèle que les CEE (certificats d’économie d’énergie), ces CEPP attestent de la mise en œuvre d’actions standardisées économes en produits phytopharmaceutiques. Les distributeurs de produits phytosanitaires sont tenus d’en obtenir un certain nombre dans le cadre du Plan national Ecophyto.
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