Comment fonctionne le marché européen de l'électricité, que l'UE … – Le Figaro

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FOCUS – Sous la pression des États membres, menés par la France, la Commission européenne a annoncé lundi travailler à «une réforme structurelle» de ce marché, afin d’endiguer l’envolée des prix.
La France a fini par avoir gain de cause. De longs mois durant, les responsables français, Emmanuel Macron en tête, ont dénigré le fonctionnement du marché européen de l’électricité. Un sujet qui a d’abord divisé les Vingt-Sept, avant que l’opinion française l’emporte finalement. Résultat, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé lundi que l’UE planchait sur «une réforme structurelle» de ce marché, afin d’endiguer l’envolée actuelle des prix.
«La flambée des prix de l’électricité montre clairement les limites du fonctionnement actuel du marché», a reconnu la cheffe de l’exécutif européen. La réforme annoncée sera au menu d’une réunion des ministres de l’Énergie de l’UE, prévue le 9 septembre prochain à Bruxelles.
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À plusieurs reprises ces derniers mois, Emmanuel Macron comme Bruno Le Maire s’en sont pris au mécanisme européen de fixation des prix de l’électricité, estimant qu’il était à l’origine de l’explosion des cours. «Nos pays aujourd’hui sont victimes d’une formule de prix et d’hypothèses de base qui ne correspondent plus à la réalité», a estimé lundi le président français. En juin dernier, le locataire de l’Élysée avait développé sa pensée. «Vous avez des prix d’électricité qui s’envolent et qui n’ont plus rien à voir avec les coûts de production d’électricité, ça suit le gaz, c’est absurde. Ce qui fait que vous avez des acteurs, par exemple dans le renouvelable, qui font des surprofits dans la période totalement déraisonnables», avait-il dénoncé à l’issue du sommet du G7 en Allemagne.
À l’époque, le chef de l’État avait rappelé sa proposition de «changer les règles de fonctionnement du marché de l’électricité», poussée depuis la fin d’année dernière au niveau européen et inscrite dans le programme d’Emmanuel Macron pour son second quinquennat. «Avoir de l’électricité décarbonée dont le prix est indexé sur les énergies fossiles, c’est stupide économiquement et révoltant d’un point de vue climatique», avait enfoncé Bruno Le Maire sur CNews, appelant à «hausser le ton» tout en excluant de sortir de ce marché – une proposition formulée notamment par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle.
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Le constat fait par le gouvernement français sur ce marché de gros, basé sur la loi économique de l’offre et de la demande, est exact. Mais il convient d’en comprendre les ressorts. «Le prix est fixé par le coût de production de la dernière centrale utilisée pour satisfaire la demande», explique Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre énergie de l’Institut Jacques Delors. Les sources de production les moins chères sont appelées en premières, en l’occurrence les renouvelables et le nucléaire, pour finir par le charbon et le gaz, au fur et à mesure que la demande augmente. Ainsi, en France, le prix de gros est généralement déterminé par une centrale à gaz, le plus souvent située en Allemagne.
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C’est pourquoi la flambée des tarifs du gaz, que l’on observe depuis l’automne 2021 – provoquée par la reprise économique post-Covid et aggravée par la guerre en Ukraine -, a mécaniquement fait grimper les prix de l’électricité. Ce mécanisme de fixation des prix est justifié par un constat simple. Imaginons que le tarif de l’électricité soit inférieur au coût de production de la dernière centrale appelée. L’exploitant de cette dernière «n’aurait aucun intérêt à la faire fonctionner», souligne Jacques Percebois, professeur émérite de l’université de Montpellier et spécialiste des énergies, car il perdrait de l’argent. Résultat, il n’y aurait pas assez d’électricité sur le réseau et des black-out seraient donc inévitables.
Fixer le prix de gros au niveau du coût marginal de l’électricité est ainsi indispensable pour équilibrer le marché. Un système qui, effectivement, peut paraître injuste pour des pays comme la France, qui dépend peu du gaz pour produire son électricité (6% du mix électrique en 2021, selon RTE), comparativement à la moyenne européenne (environ 20%). Le nucléaire étant sa source principale, à hauteur de près de 70%.
Mais le marché européen a aussi ses bienfaits, soulignent les experts. Les interconnexions entre les différents réseaux nationaux permettent à la France d’importer de l’électricité lorsqu’elle en a besoin, en particulier lors des pics de consommation hivernaux. «La France est importatrice nette d’électricité aux heures de pointe», constate l’économiste Jacques Percebois. À l’inverse, «lorsque la France est exportatrice, le marché concourt à l’équilibre économique d’EDF», complète Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP) de l’Université Paris-Dauphine.
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À noter que le prix de gros sur le marché européen ne correspond pas au prix de détail payé par le consommateur. «Il s’agit seulement d’un de ses éléments», précise Jacques Percebois. Le tarif réglementé de vente (TRV), proposé par EDF, peut en effet se décomposer en trois tiers : les taxes, les coûts d’acheminement et la production de l’électricité en elle-même. C’est dans cette dernière composante que l’on retrouve le prix de gros, aux côtés du coût de la production nucléaire historique d’EDF, appelé ARENH.
maurice marais
le
France 0 – Allemagne 1
benco12
le
On marche sur la tête. Cette Europe est une construction artificielle qui a perdu le nord. Le prix de revient (bas) de l’électricité nous est facturé a un tarif extrêmement élevé, déraisonnable, et calé sur le prix du gaz ! Dans le même temps on veut fermer des centrales nucléaires qui produisent a bas coûts et on remet en service en France, et surtout en Allemagne, des centrales à charbon hyper polluantes ! Un truc de dingues !
Scharapow Vladimir
le
C ‘ est quoi ces « experts » de pacotilles — directeur de ci , professeur émérite de là , etc … — ? Complètement à la masse !! Avant le « marché libéralisé » , il existait des échanges d ‘ électricité entre pays , TOUTE l ‘ Europe est interconnectée , quand il y a une faiblesse dans un coin , le réseau y supplée , parlez de black-out est excessif !! Aux frontières il y a des compteurs sur les lignes THT , ça permet de faire les comptes entre pays .
Ce jeudi, le chef de l’État a assuré qu’il serait aux côtés des petits artisans touchés par la flambée des prix, à l’occasion de la traditionnelle galette de l’Élysée.
La mesure a été prise pour enrayer la flambée. Elle arrive trop tard.
Le gouvernement a prolongé le dispositif qui limite la hausse des prix du gaz et l’électricité, mais l’a allégé. Ce changement va avoir des répercussions sur votre budget. Le Figaro répond à vos questions
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Comment fonctionne le marché européen de l’électricité, que l’UE veut réformer ?
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