Cinéma : voici 5 drames à ne pas manquer en novembre – CNEWS

Le destin tragique de deux adolescents dans «Close», l’adaptation du roman «Couleurs de l’incendie» de Pierre Lemaitre par Clovis Cornillac, le combat d’un militant pour défendre les migrants dans «Les engagés», «Saint Omer» inspiré d’une histoire vraie d’infanticide, et le déchirant et très personnel «Le lycéen» signé Christophe Honoré… Voici 5 drames à découvrir en novembre au cinéma.
«Vous êtes ensemble ?» : une remarque, de prime abord anodine prononcée dans une cour de récréation, qui va faire voler en éclats l’insouciance de deux garçons de 13 ans. Dans «Close», auréolé du Grand Prix au dernier Festival de Cannes, Léo et Rémi sont les meilleurs amis du monde. Inséparables, ils partagent la même école, parfois le même lit, et passent leur temps à courir dans les champs de fleurs ou dans la forêt, à s’inventer des histoires et à imaginer leur avenir. Toujours ensemble.
Mais la rentrée des classes bouleverse cette amitié fusionnelle. Sensible aux critiques homophobes de ses camarades qui n’ont pas forcément conscience de la résonnance de leurs propos, Léo s’éloigne de Rémi et tente d’affirmer sa virilité en jouant au hockey sur glace. Pour son meilleur ami, ce changement brutal et violent est vécu comme un abandon. Et les conséquences seront terribles. Léo sera soudainement envahi par la culpabilité et la honte.
Quatre ans après «Girl» qui s’intéressait à une jeune fille en transition qui voulait devenir danseuse, Lukas Dhont confirme son talent pour filmer avec grâce et pudeur l’adolescence et la quête identitaire. Si Léa Drucker et Emilie Dequenne sont parfaites en mères de famille, on retiendra les performances remarquables des jeunes interprètes belges, Eden Dambrine et Gustav De Waele. Deux noms à retenir.

«Close», de Lukas Dhont (1h45). Sortie le 1er novembre.
La vengeance machiavélique d’une femme déclassée, et d’une mère courageuse. Après «Au revoir là-haut», prix Goncourt 2013 et adapté en 2017 par Albert Dupontel, c’est au tour du deuxième roman de la trilogie de Pierre Lemaitre, «Couleurs de l’incendie», d’être porté à l’écran. Réalisé par Clovis Cornillac, qui est à la fois devant et derrière la caméra, ce drame haletant plonge le spectateur en février 1927.
Après le décès de son père Marcel Péricourt, richissime banquier, Madeleine (Léa Drucker) hérite de l’empire financier. Mais très vite, la jeune femme se retrouve ruinée et déchue. Madeleine, qui élève seule son fils Paul, handicapé après s’être jeté par la fenêtre le jour de l’enterrement du patriarche, va alors tout mettre en œuvre pour faire payer les personnes impliquées dans sa chute. Une tâche qui s’avère d’autant plus difficile dans une France tendue, qui observe la montée du totalitarisme en Europe, et s’apprête à faire face à une crise économique.
Mis en scène de manière très soignée, ce film de fiction historique captivant, dont l’intensité de l’action monte progressivement, est porté par un casting investi, composé également de Benoît Poelvoorde, d’Olivier Gourmet, et d’Alice Isaaz. On croise aussi l’actrice Fanny Ardant, sublime, qui incarne une cantatrice héroïque, et reprend en playback les partitions de Sandrine Piau. On retiendra notamment cette séquence forte, où l’actrice interprète face à Hitler, à Berlin, le «Chant des esclaves», qui évoque le désespoir des juifs à Babylone. 

«Couleurs de l’incendie», de et avec Clovis Cornillac (2h15). Sortie le 9 novembre.
Après s’être donné la réplique dans «Le Discours» de Laurent Tirard, Julia Piaton et Benjamin Lavernhe (de la Comédie Française) se retrouvent dans le premier film de l’écrivaine et scénariste Emilie Frèche, «Les engagés». Elle incarne Gabrielle, une jeune femme amoureuse et mère de deux enfants. Il joue David, son compagnon, qui renverse un exilé en fuite sur la route de Briançon. Au lieu d’abandonner ou de reconduire Joko au commissariat, le jeune kiné choisit de le cacher dans son coffre de voiture et de l’accueillir au sein de son foyer, avant de l’emmener dans un refuge où sont accueillis d’autres exilés.
Mais Joko disparaît, et David se lance à corps perdu pour retrouver sa trace. Cet engagement grandissant pour défendre tous ces hommes rejetés, délaissés, déracinés, aura des conséquences sur sa vie et celle de ses proches.
«(Les engagés) est un film sur l’engagement, sur notre capacité à vouloir et à pouvoir changer les choses, et à rendre le monde meilleur. C’est aussi un film sur la désobéissance à la loi et sur la manière dont des gens ordinaires, en restant fidèles à leurs valeurs, deviennent des héros. David est l’héritier des Justes d’hier. Il met sa morale au-dessus des lois qu’il considère iniques», explique Emilie Frèche, qui connaît ce sentiment d’exil avec une mère venant d’Europe centrale et un père d’Algérie.
S’inspirant de l’histoire vraie des «Sept de Briançon», un groupe de militants qui a été relaxé après avoir été condamné pour avoir aidé des migrants à entrer en France en 2018, la cinéaste souhaite avec ce drame – nécessaire – faire évoluer les conditions d’accueil des enfants réfugiés. Toute l’équipe du film a travaillé en étroite collaboration avec six associations partenaires : France terre d’asile, La Cimade, Oxfam France, Amnesty International France, Watizat et Ecole pour Tous. Autant d’actions pour faire bouger les lignes à retrouver sur lesengages-lefilm.com.

«Les engagés», d’Emilie Frèche (1h38). Sortie le 16 novembre.
Doublement primé à la 79e édition de la Mostra de Venise en septembre et choisi pour représenter la France à la prochaine cérémonie des Oscars en mars 2023, «Saint Omer» s’inspire de l’histoire vraie d’un procès pour infanticide – l’affaire Fabienne Kabou qui a eu lieu en 2013 – et relate le procès de Laurence Coly, une mère d’origine sénégalaise accusée d’avoir tué sa fille, âgée seulement de quinze mois, en l’abandonnant sur une plage du Pas-de-Calais, à marée montante. 
Ce récit mis en scène par Alice Diop épouse le point de vue de Rama, une prof de littérature et romancière, enceinte de son premier enfant, qui décide de se rendre à Saint-Omer pour suivre le procès aux assises. Celle qui s’intéresse au mythe de Médée se retrouve face à l’accusée… et à ses mots pour tenter d’expliquer l’inconcevable. Des mots qui font écho à la propre vie de l’héroïne. 
Alice Diop se sert de son expérience de documentariste («La permanence», «Nous») pour réaliser un premier film bouleversant et singulier qui aborde la question de la maternité et toute sa complexité. La cinéaste s’attache au moindre regard, à la moindre émotion qui se dégage de cette salle de tribunal où la parole et l’écoute s’entremêlent. «Sans (Rama), ce personnage fictif, cela n’aurait été que le récit d’un fait divers banal et tragique et le film pas mieux qu’une version cinématographique de Faites entrer l’accusé», explique Alice Diop. L’interprétation magistrale de Kayije Kagame et Guslagie Malanda participent grandement à la réussite de ce long-métrage.
«Saint Omer», d’Alice Diop (2h02). Sortie le 23 novembre.
Il s’appelle Lucas. Il a 17 ans. Et sa vie est devenue comme il l’avoue face caméra, le regard volontairement ailleurs, «une bête sauvage qu’(il) ne (peut) plus approcher sans qu’elle (le) morde», depuis la mort de son père, tué dans un accident de la route. Ce père avec qui il aurait pu perdre la vie deux semaines plus tôt si la voiture n’avait pas fini dans un champ. «Pourquoi je ne suis pas mort ce jour-là ?», s’interroge-t-il, persuadé qu’il s’agissait là d’une prémonition.
Entre stupeur, tristesse et colère, Lucas perd tous ses repères et semble ne plus rien comprendre. La résilience, il tentera de la trouver lors d’un séjour à Paris chez son frère aîné Quentin (Vincent Lacoste), laissant sa mère endeuillée (Juliette Binoche) sous le ciel plombant de Chambéry, au lendemain de la cérémonie mortuaire à laquelle il n’a pas voulu assister. C’est dans une ville Lumière fantasmée que Lucas essaie d’oublier sa peine et d’affirmer ses choix encore hésitants au côté de Lilio (Erwan Kepoa Falé), le colocataire de son frère. Mais la désillusion guette.
S’inspirant du roman «L’adolescent» de Dostoïevski et choisissant la voix-off du héros comme trame narrative, Christophe Honoré, qui se définit lui-même comme un «cinéaste sentimental», signe une œuvre intime et personnelle. «Dans les tensions qui l’animent, le film crée une sensation d’effondrement conjurée par le désir de faire bonne figure, de se protéger comme on peut de la tentation du renoncement. Peut-être que c’est avant tout ça son histoire : métamorphoser le malheur qui s’abat en un chagrin heureux. Ce qui me fait penser que c’est avant tout un film d’amour, non pas un mélodrame», analyse Christophe Honoré. Paul Kircher, récompensé de la Concha d’argent de la meilleure interprétation au dernier Festival de San Sebastián, est la révélation du «Lycéen» qui nous touche en plein cœur.
«Le Lycéen», de Christophe Honoré (2h02). Sortie le 30 novembre.
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