Cinéma : ces 5 comédies à voir absolument en novembre – CNEWS

Une plongée dans la haute couture dans «Une robe pour Mrs. Harris», les aventures de randonneurs en ponchos dans «Petaouchnok», des nounous en super-héroïnes dans «Les femmes du square», le film familial de Gad Elmaleh, «Reste un peu», et le déjanté «Fumer fait tousser» signé Quentin Dupieux… Voici cinq comédies qu’il faut aller voir au cinéma en novembre.
Le réalisateur Anthony Fabian signe une fable attachante et lumineuse. Situé dans le Londres de l’après-guerre, «Une robe pour Mrs. Harris», adapté du roman de Paul Gallico, «Mrs. ‘Arris Goes to Paris» (1958), met en scène le destin d’Ada, une femme de ménage qui, depuis le décès de son mari, mort au combat, n’a qu’une idée en tête : s’offrir une robe de haute couture signée Christian Dior.
Généreuse, débrouillarde et déterminée, l’héroïne, interprétée avec brio par Lesley Manville, est convaincue qu’une telle pièce peut changer la vie de quiconque la possède. Elle va alors tenter de transformer son rêve en réalité en se rendant à Paris, et en pénétrant dans les coulisses de la marque de luxe, qu’elle pourrait même sauver. Porté par un beau casting, composé notamment d’Isabelle Huppert, Lambert Wilson et Lucas Bravo, qui incarne un comptable timide de la maison Dior, ce film réchauffe le cœur.
Il rappelle l’importance de rester soi-même et de ne jamais abandonner ses rêves. Avis aux amateurs de mode : de sublimes créations se succèdent sous nos yeux, notamment lors du défilé du grand couturier, l’un des moments phares du film.

«Une robe pour Mrs. Harris», d’Anthony Fabian (1h55). En salles.
Après «Gauguin – Voyage de Tahiti» (2017), Edouard Deluc change de registre et retrouve Philippe Rebbot, qu’il avait dirigé dans «Temps de chien !» en 2019, lequel forme un duo avec Pio Marmaï aussi improbable qu’attachant dans la comédie «Petaouchnok». 
Le sanguin Ludovic, sans emploi et qui craint de perdre la garde de sa fille, peine à joindre les deux bouts, à l’instar de son ami, le lunaire Richard, qui, faute d’argent, ne peut payer la maison de retraite de sa mère tant aimée. Ces deux loosers magnifiques décident de se lancer dans un projet fou : organiser des randonnées à cheval au cœur des Pyrénées pour des touristes en mal de grands espaces.
Pour leur première chevauchée fantastique, les «Trappeurs 3000», qui promettent une «aventure grandeur nature», partent avec un groupe disparate et peu habitué à la vie sous tente. En particulier, Agnès (Camille Chamoux), une comédienne qui ne peut vivre sans son smartphone, de peur de rater un casting. Pendant ces quelques jours d’aventure qui ne se passeront pas comme prévu, elle sera notamment entourée de Sophie (Olivia Côte), une assistante sociale qui se remet d’un burn-out, et de Fred (Comte de Bouderbala), ce père divorcé qui essaie de se rapprocher de son fils. 
Autant de personnages qui vont révéler le meilleur et le pire d’eux-mêmes au fur et à mesure qu’ils s’enfoncent dans les Pyrénées, que la météo se dégrade et que la faim se fait ressentir. Edouard Deluc signe une comédie loufoque autour de pieds nickelés en ponchos qui rappelle l’ambiance du film «Les randonneurs» de Philippe Harel, sorti en 1997. «J’avais un désir secret qui me faisait bien marrer, faire le premier film «à cheval» entre «Les Bronzés» et «Dead Man»», confie le cinéaste. «Petaouchnok», ou un long-métrage ancré dans la réalité sociale et économique, puisqu’il met en lumière deux amis à la vie précaire qui tentent de se sortir de la galère et de redonner le sourire à des âmes en peine.

«Petaouchnok», d’Edouard Deluc (1h36). Sortie le 9 novembre.
Cette comédie de Julien Rambaldi raconte l’histoire d’Angèle, campée par l’excellente Eye Haïdara. Alors qu’elle cherche à fuir une bande de malfrats, cette jeune femme charismatique et pour le moins culotée, parvient à se faire embaucher dans les beaux quartiers parisiens, où elle découvre les difficiles conditions de travail des nounous étrangères.
Face à cette réalité, elle n’a qu’une seule idée en tête : se battre pour leur rendre justice. Pour ce faire, cette super-héroïne pourra compter sur l’aide d’Edouard, un avocat ambitieux et assez rigide, incarné Ahmed Sylla. Il s’agit là d’un rôle inédit pour l’humoriste, qui adopte un jeu plus sérieux et plus sobre que d’ordinaire. 
«J’ai beaucoup aimé la manière dont Julien (le réalisateur, ndlr) a voulu raconter l’histoire de ces femmes de l’ombre, ces nounous que l’on ne voit pas. Elles font partie de nos vies, du paysage, mais elles sont effacées, alors qu’elles gèrent le quotidien de millions de personnes, et éduquent les enfants», a déclaré à CNEWS le comédien, qui a travaillé son personnage en regardant la série «Suits», laquelle suit un brillant avocat évoluant dans un grand cabinet new yorkais. 
Ce film, au fil duquel on croise également Léa Drucker, met en scène avec justesse la détresse de ces personnes trop peu considérées – certaines sans papiers – qui gardent les enfants des autres sans pouvoir avoir les leurs auprès d’elles. Une comédie sociale émouvante et attachante qui éveille les consciences. 

«Les femmes du Square», de Julien Rambaldi (1h45). Sortie le 16 novembre.
Près de quatorze ans après «Coco», Gad Elmaleh est de retour devant et derrière la caméra avec «Reste un peu», un film dans un tout autre registre, et avec à l’affiche ses parents, Régine et David Elmaleh, ainsi que sa sœur, Judith. Dans ce récit intime, entre autobiographie et fiction, l’humoriste nous parle de son héritage familial, de l’importance de la tolérance, et de son amour pour la Vierge Marie.
On suit en effet le cheminement spirituel de Gal Elmaleh, qui a grandi au Maroc dans une famille juive séfarade, et souhaite à l’âge adulte se convertir au catholicisme. Après avoir passé trois ans aux Etats-Unis, le quinquagénaire est de retour en France pour revoir ses proches, mais surtout, pour se faire baptiser à la paroisse Sainte-Cécile de Boulogne-Billancourt.
Petit, on lui avait fermement interdit de mettre les pieds dans l’église de Casablanca. Mais il y était quand même entré et avait posé les yeux sur la statue de la mère de Jésus. Depuis, elle n’a jamais quitté son cœur, son esprit. Face à cette figure maternelle sacrée, il y a sa propre mère, qui illumine l’écran. Tout comme son père, elle peine à accepter le choix religieux de son fils, et vit cette décision comme un échec. 
Sensible, courageuse et touchante, cette comédie n’en demeure pas moins très drôle. On assiste à un enchaînement de savoureux sketchs et quiproquos. Finalement, on ignore s’il reçoit ou non ce sacrement, mais là n’est pas l’essentiel. «Reste un peu» invite avant tout le public à réfléchir sur ses racines, sa foi, et rend un bel hommage à la communauté juive. Côté casting, on croise aussi Delphine Horvilleur, Jérémie Dethelot, Roschdy Zem et Nicolas Port.
«Reste un peu», de et avec Gad Elmaleh (1h33). Sortie le 16 novembre. 
Avec pas moins de cinq films au compteur en quatre ans, on pouvait craindre que Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo, ne s’essouffle. Avec «Fumer fait tousser», le réalisateur atypique et singulier prouve qu’il a encore des ressources, et invite une nouvelle fois les spectateurs à une immersion au royaume de l’absurde. 
Présenté hors compétition en «séance de minuit» au dernier Festival de Cannes, ce long-métrage qui succède au discutable «Incroyable mais vrai», s’ouvre sur une scène de combat – qui reprend tous les codes du Sentaï – entre les cinq justiciers formant les «Tabac Force» et une tortue démoniaque qui finit, pulvérisée, dans un bain de sang. Benzène (Gilles Lellouche), Nicotine (Anaïs Demoustier), Méthanol (Vincent Lacoste), Ammoniaque (Oulaya Amamra) et Mercure (Jean-Pascal Zadi), moulés dans leurs combinaisons dignes des Power Rangers ou de Bioman, sont envoyés par leur chef Didier – un rat libidineux doublé par Alain Chabat – dans une base perdue près d’un lac. Le but de cette réunion aux allures de camp de scouts : renforcer leur cohésion. 
C’est donc là, au coin du feu, que ces pseudos super-héros se retrouvent pour se raconter des histoires qui font peur comme s’ils participaient à un épisode des Contes de la crypte. Et la réalité rejoint la fiction quand Lézardin, l’empereur du Mal incarné par l’hilarant Benoît Poelvoorde, décide d’anéantir la Terre. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est absolument pas fortuite. 
Oscillant entre parodie kitsch et comédie gore, «Fumer fait tousser», qui ne respecte aucune trame narrative, est un film à sketches drôle et foutraque qui enchaîne les situations ubuesques et réunit, autour des Force Tabac, une belle pléiade d’acteurs (Doria Tillier, David Marsais, Grégoire Ludig, Adèle Exarchopoulos, Blanche Gardin…) qui prennent un plaisir non dissimulé à jouer les débiles. Mais derrière cette comédie absurde, Quentin Dupieux dénonce les problématiques de notre société moderne : la pollution, l’individualisme, le totalitarisme et la lutte des sexes. 

«Fumer fait tousser», de Quentin Dupieux (1h20). Sortie le 30 novembre. 
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