Chute de l'euro face au dollar : comment en limiter l'impact ? – Gestion des flux / du cash > Trésorerie – Daf-Mag.fr – Daf-Mag.fr

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TrésorerieGestion des flux / du cash

Depuis le début de l’année, l’EUR/USD affiche un repli de 13 % et oscille autour de la parité avec le dollar. Pourquoi l’Euro dévisse-t-il autant ? La faute en premier lieu à une inflation galopante, qui pourrait contribuer à amener certains pays d’Europe à tomber en récession. Sans compter le contexte géopolitique avec le conflit russo ukrainien qui s’enlise et contribue à créer une crise énergétique majeure et inédite. L’annonce par Gazprom qu’elle coupait l’approvisionnement en gaz de l’Europe occidentale a d’ailleurs fait chuter l’euro, et globalement la plupart des devises, face au dollar. « Il y a un alignement des planètes en défaveur de l’euro, constate Hubert Bigeard, responsable de la salle de marché de Mondial Change. Le potentiel de baisse supplémentaire de l’euro est de plus en plus limité mais il existe encore. Même s’il ne chute pas beaucoup plus, la question est de savoir quand l’euro va se renforcer face au dollar. Si la Banque Centrale européenne décide d’augmenter ses taux de 75 points de base, cela restera un rebond technique de court terme, car la Fed, la banque centrale des Etats-Unis sera plus agressive ».
Une situation qui n’est pas sans conséquence pour les entreprises. Les effets de la baisse de l’euro, partie pour durer, varient selon les secteurs et la dépendance des entreprises au commerce extérieur. Deux distinctions doivent toutefois être faites entre les sociétés importatrices et exportatrices, mais aussi entre les petites et moyennes entreprises, et les ETI et les grands groupes. Les sociétés importatrices de produits libellés en dollar depuis l’Asie, qui concernent les secteurs pharmaceutique, du textile, de l’électronique, restent négativement impactés et pénalisés sur l’importation dont le coût augmente. « Les agences de voyages et les tour operators sont aussi impactés. La baisse de l’euro entraîne une hausse du prix des voyages pour le consommateur ou une baisse des marges », estime Hubert Bigeard. A contrario, les exportateurs notamment le secteur du luxe, du vin, des spiritueux, de l’aéronautique et de l’agroalimentaire sont clairement avantagés par cette situation. Un euro faible renforce leur compétitivité sur le marché mondial.
Les ETI et les grands groupes relativement structurés, adeptes des instruments de couverture du risque de change et d’une gestion du risque de change formalisée, peuvent aussi plus facilement se préserver des effets négatifs de la dévaluation de l’euro. Ce n’est pas le cas des entreprises de taille plus modeste, plus souvent mal armées face aux fluctuations des taux de change. Pour protéger sa marge bénéficiaire et limiter les effets néfastes d’un euro faible, une société se fournissant à l’étranger en dollars a pourtant tout intérêt à adopter une stratégie de couverture de change pour préserver sa marge. « Les différents outils de couverture de change permettent de garantir le cours de change qui s’appliquera à une date future, mais aussi d’accompagner un rebond de l’euro. Les trésoriers et directions financières qui préparent les budgets de l’année 2023 doivent donc définir les bons instruments de couverture. La construction de stratégies de couverture va être encore plus cruciale que par le passé », estime l’expert.
Pour ceux et celles qui n’arriveront pas à se couvrir, la négociation des contrats et du sourcing avec les fournisseurs fait également partie des leviers à actionner. « Quand on cumule les problématiques de baisse de l’euro, la forte hausse du coût du fret maritime, les pénuries de composants, de plus en plus d’acteurs cherchent à relocaliser une partie de l’approvisionnement plus près, en Europe de l’est ou en Espagne », constate Hubert Bigeard. Un process qui reste toutefois beaucoup plus long.
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