"Chauffer à 16°", "rouler moins vite" : les petits et grands gestes de 30 Français pour plus de sobriété – France Inter

Journée spéciale « sobriété » sur France Inter. Le mot est rentré dans notre quotidien mais quelle réalité recouvre-t-il pour les Français qui se sont lancés dans cette entreprise ? 30 personnes nous racontent ce qu’elles font pour consommer moins, brûler moins d’énergie, préserver la planète.
« Vous avez dit sobriété ? » Journée spéciale ce mercredi sur France Inter. Depuis plusieurs mois, entre la crise de l’énergie consécutive à la guerre en Ukraine et les crises climatiques à répétition, le mot est employé dans de nombreuses discussions, entre amis ou dans les médias. Le gouvernement veut d’ailleurs lancer un plan de « sobriété énergétique ».
Pour vous, qu’est-ce que la sobriété ? Quelle décision avez-vous prise pour moins consommer ? Avez-vous le sentiment que c’est efficace ? Pour certains, il s’agit de faire plus de vélo et d’abandonner au maximum la voiture. Pour d’autres, de moins chauffer la maison. Ou de consommer au maximum local. 30 personnes nous racontent.
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… une normalité pour le respect des autres et de la nature. Pour consommer moins d’énergie, je mets le chauffage à 16 degrés. Et puis nous prenons le vélo pour tous les petits et moyens trajets. Nous n’avons pas de lave-vaisselle, pas de sèche-linge. Et nos vêtements et meubles sont de seconde main. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de rouler à 110 km/h sur l’autoroute depuis deux ans. Je ne prends plus l’avion, je consomme beaucoup, beaucoup moins de tout. Je vais vers cette sobriété par conviction profonde, je pense qu’en tant que consommateur nous avons une forme de pouvoir, mais bien sûr, si le système capitaliste perdure, ça ne se fera pas sans casse. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de faire un compost dans mon petit jardin. Je consomme de la viande une à deux fois par semaine maximum et toujours locale ou bio. Je prends le bus pour aller au travail même si ça me prend 15 minutes de plus qu’avec la voiture. Je boycotte les grandes surfaces et les fast-foods. Même chose pour les produits industriels (les grandes marques). J’essaie également d’acheter moins de vêtements et le plus possible français. Du côté des transports, je ne prend l’avion que pour des voyages hors Europe de plus de deux semaines, sinon je voyage plus proche. Enfin, je travaille dans le développement du vélo (touristique et quotidien). »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… d’avoir vendu l’une de nos deux voitures et de la remplacer par des vélos. Je vais mettre en place d’autres gestes au quotidien : essayer de remplacer au maximum nos trajets en voiture par le vélo ou le train. Changer d’offre d’énergie ou encore acheter un maximum de vêtements d’occasion. Et puis, réduire notre consommation de viande (1 à 2 fois par semaine au lieu de 4 à 5 fois avant). »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… d’abord une prise de conscience qui s’est faite petit à petit (quantité de déchets générés, modes de déplacements, mauvaise qualité des produits industriels…) il y a quelques années. Puis cela a entraîné un questionnement plus général sur les différents aspects de ma vie, notamment aux niveaux consommation, habitat et activité professionnelle. J’ai donc amorcé un projet d’autoconstruction d’une tiny house, engagé une réorientation professionnelle (j’étais alors architecte), et porté plus d’attention à ma consommation : pour l’alimentaire, je consomme bio, et majoritairement local, si possible du vrac ou consigné.
J’ai aussi réduit mon temps de travail à environ un mi-temps, ce qui me permet de dégager du temps nécessaire pour soutenir ma sobriété : moins de déplacements en voiture, cuisine de produits frais, fabrication de produits ménagers, gestion du bois pour le chauffage et ça me permet de prendre le temps de m’émerveiller des petites choses du quotidien. C’est un grand luxe !
Je ne pense pas que cela soit utile pour changer la donne au niveau du dérèglement climatique (je fais partie des pessimistes) mais ça me satisfait car je sens mes convictions et mes actes plus en accord. Ceci dit, les changements effectués sont efficaces en terme d’économie. J’ai encore une grande marge de manœuvre mais j’essaie de ne pas tomber dans l’excès, et je m’autorise des écarts si ça me rend heureuse. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… se poser avant chaque déplacement ou achat les deux questions suivantes : est-ce vraiment nécessaire ? Existe-t-il une alternative moins énergivore ? Organiser mes déplacements professionnels en train au maximum, utiliser plus le vélo au quotidien et limiter ma consommation de viande. J’effectue déjà d’autres gestes de « sobriété », comme par exemple ne pas prendre l’avion, ou mettre le chauffage à 19°C. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… consommer beaucoup moins au quotidien en me référant à la période de mon enfance (années 60-70) : moins de douches/lessives, recycler l’eau, électricité, alimentation, déplacements, achats inutiles, etc. C’est un retour à la période de mon enfance ! (Je précise que nous n’étions pas malheureux pour autant ! ) Efficace si je raisonne en terme de collectivité et non d’individu. Aucune difficulté à sortir de mon grand confort ! Cela dit, il faut s’adapter aux besoins qui n’existaient pas alors, il ne s’agit pas de se priver de l’essentiel et de se créer une vie pleine de contraintes ! Mon entourage pense de même. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de faire la vaisselle à l’eau froide, récupérer l’eau, prendre des douches moins chaudes, minimiser l’usage de la voiture (une seule) et la consommation de viande. Les enfants râlent un peu mais comprennent (les ados sont quand même sensibles à ces questions). »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… le minimum vital. Ce que je vais mettre en place ? Laver la vaisselle à l’eau froide, à 16°, fermer les volets au coucher du soleil, acheter des gros pulls et duvet pour la nuit. »
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« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de prendre le vélo pour les déplacements de tous les jours, manger local et bio via l’AMAP, réduire la consommation de viande. C’est du niveau du colibri. Mais cela permet de prendre conscience de tout ce qui pourrait être fait par les collectivités et les entreprises. Se poser la question de faire tourner ou pas un appareil électrique alors qu’on voit les panneaux publicitaires lumineux peut entrainer une dissonance cognitive. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de chauffer moins mon logement. Rouler moins et moins vite, avoir une conduite harmonieuse. Mettre des vêtements plus chauds chez moi. C’est une résilience et mon entourage est du même avis. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… pas de voiture ! Avec mon conjoint nous habitons en centre-ville et profitons du métro (ou bus) pour faire tous nos déplacements. Pour les vacances, nous partons systématiquement en train.
Quand on habite en centre-ville c’est assez simple de vivre sans voiture, même si des fois il faut être inventif et organisé pour arriver à destination ! Par exemple, aller récupérer une commande au dépôt meuble d’IKEA nous a bien pris 1/2 journée, mais c’est une chouette histoire à raconter. Mais tout le monde ne comprend pas forcément ce mode de vie, beaucoup de nos collègues et amis sont encore très attachés à leur voiture. Et à l’avion aussi malheureusement.. J’ai parfois l’impression que les efforts que l’on fait à notre échelle sont anéantis par ceux qui continuent à vivre ‘comme avant’. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… être sobre, sans fioriture, aller a l’essentiel sans superflu. Les gestes que j’emploie au quotidien ? Un bidon dans la douche pour récupérer l’eau qu’on gaspille en attendant qu’elle soit assez chaude pour prendre la douche. Pas de télévision, ou encore faire du pain perdu avec le pain rassis. Réduire également mon nombre de vêtements au juste nécessaire, chiner les affaires en vide grenier, en brocante ou sur les applications et sites Geeve et Donnons.org ».
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de n’acheter qu’en cas de nécessité (toujours de la seconde main), limiter ma consommation de contenus en streaming ou encore limiter mes déchets en dehors du foyer, comme la nourriture à emporter. J’ai toujours vécu de manière assez sobre (très peu d’avion, consommation raisonnée, etc) alors les nouveaux changements mis en place ne sont que le prolongement de cela. Est-ce que c’est efficace ? Non, ça reste une goutte d’eau, et certaines actions ayant un impact environnemental conséquent ne peuvent pas être évitées. Mais c’est utile, si cela peut servir d’exemple. Et ça ne me pose pas de difficultés particulières si ce n’est le fait de renoncer aux voyages. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… supprimer les appareils électriques qui peuvent être remplacés par des outils manuels, comme un hachoir ou une cafetière.  Et pour les autres appareils, comme la télévision ou la box Internet, les mettre hors tension quand non utilisés.
J’ai commencé la démarche il y a plusieurs années, peu accompagnée par mon entourage quand ça ne suscitait pas des sourires et remarques narquois. Aujourd’hui je sais que beaucoup partagent la même démarche, ça fait du bien. C’est même devenu une source de fierté. C’est aussi comme un jeu de faire la chasse à l’inutile, au superflu. Et ça fait marcher les neurones. Sans compter les économies : par exemple en quatre ans, la facture EDF est passée de 140 à 80 euros par mois. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… arrêter tout voyage ou idée de voyage en avion. C’est difficile de gérer ses envies et impulsions, de réapprendre la patience. En Ile-de-France, le rythme « métro boulot dodo » ampute beaucoup de temps et de capacité de réflexion pour manger mieux et acheter moins. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de vendre ma voiture et faire mes trajets quotidiens en vélo cargo. Cela calme mon éco-anxiété mais j’ai parfois le sentiment que « à quoi bon ? » en voyant le manque d’effort des grosses entreprises, des politiques et des personnalités. Et malgré cela, j’éprouve souvent une forme de culpabilité de ne pas en faire assez. Mon conjoint est un soutien dans les démarches même s’il n’est pas forcément force de proposition. Mes parents, eux, ont exprimé leur inquiétude à l’idée que je vende ma voiture. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de moins consommer, consommer local en réduisant les déchets, acheter des vêtements d’occasion. Nous avons aussi réduit la température de notre eau chaude pour moins consommer. Je vais aussi au travail en vélo électrique deux fois par semaine. Je commande mes légumes chez un maraîcher bio qui nous livre sur le lieu de travail : cagette que je rapporte chaque semaine donc aucun déchet et surtout aucun déplacement supplémentaire, car c’est livré sur mon lieu de travail. En plus, la production des légumes se fait à 5 kilomètres de mon lieu de travail. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… d’aller à vélo le plus possible, ne pas prendre l’avion, douches rapides, moins de viande, plus bio et locale. L’opinion d’une partie mon entourage évolue, cependant je reste surpris du nombre de gens pas ou peu inquiétés, notamment les jeunes. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… ne pas démultiplier les êtres humains, et donc ne pas faire d’enfants. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de ne plus acheter neuf et de lutter contre la consommation à outrance. Ça fait bien longtemps que j’essaie de vivre dans une certaine sobriété mais depuis ces dernières années j’essaie de faire encore plus attention. Lorsque j’ai besoin de quelque chose, je tente de le trouver d’occasion. D’ailleurs j’adore les brocantes, j’y habille mes petits enfants ! Je suis assez désespérée des réactions de certaines personnes autour de moi qui ne semblent pas prendre conscience de ce qui se passe… J’ai l’impression de me sentir un peu seule même si je perçois quelques infimes changements chez pas mal de gens. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de baisser mon chauffage (depuis 10 ans) et utiliser mon vélo (depuis 15 ans). Choisir un distributeur d’énergie ‘verte’ mais c’est plus cher que les « classiques ». Ma conversion est en route depuis environ 15 ans, je suis donc convaincue ! Cela me parait naturel, et j’échange le plus possible avec mon entourage pour qu’ils découvrent ce qui leur parait accessible. Je suis enfin « satisfaite » qu’il y ait une réelle prise de conscience actuellement. La difficulté essentielle est de trouver un relais quand on prend le train et arrive « en campagne ». De fait, je n’arrive pas à éliminer la voiture. Trouver tout en vrac est également très difficile dans certains lieux. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… dès l’hiver dernier de plafonner mon chauffage à 17°. J’ai compensé avec pulls en week-end et plaids et robe de chambre en soirée. Mon fils et moi nous y sommes très bien habitués. Je vais donc rester à ce niveau de chauffage cet hiver.
Dans mon quotidien, c’est également faire encore plus attention à la consommation d’eau. J’utilise l’eau de rinçage de vaisselle, l’eau de cuisson des légumes/riz/pâtes pour arroser mes plantes. Diminuer la fréquence d’utilisation de la chasse d’eau (par exemple une fois sur 2) quand c’est possible. Et puis utiliser le plus possible l’eau froide (plutôt que l’eau chaude), par exemple pour rincer la vaisselle ou pour le nettoyage de certaines surfaces. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… de ne consommer que ce qui m’est nécessaire, pour moi et ma famille, tant pour nos repas, notre consommation électrique que notre consommation d’eau. On essaye de se poser la question systématiquement : « en a-t-on vraiment besoin, maintenant ? » avant d’acheter. Je dirais que je tente d’être plus « sobre », un peu sur tous les fronts.
Personnellement, j’ai la sensation d’avancer, en tout cas d’être ‘consciente’ de l’impact de mes gestes, et me il me vient maintenant la question de l’utilité de mon geste. D’en être satisfaite si j’arrive à éviter de consommer, mais aussi de culpabiliser à fond quand je n’y arrive pas. Bien sur, nous rencontrons des difficultés, j’aimerais faire plus, mais je n’y arrive pas (laisser ma voiture au garage, télétravailler, par exemple). J’ai un sentiment ambivalent sur l’efficacité, je n’arrive pas du tout à me rendre compte si mes efforts sont négligeables ou efficaces, je ne suis même pas vraiment sûre de cette sobriété dans mon foyer. Mais j’y crois et j’essaye. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… plutôt un ensemble de décisions. Depuis longtemps nous n’avons qu’un seul véhicule bien que vivant à la campagne. Nous ne prenons plus l’avion et on se déplace en train pour les trajets hors du département. On baisse le chauffage, coupe la box wifi la nuit. La sobriété, nous la pratiquons depuis longtemps. Mais à la campagne, ce n’est pas évident concernant la voiture, le choix entre une journée en car ou une heure en voiture est vite fait. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… d’éduquer mes trois enfants en fonction, continuer à penser enjeu collectif et non pas ‘pourquoi je devrais agir si les entreprises, l’État, les Indiens/Chinois’ ne le font pas. C’est un chemin progressif : rouler à vélo, devenir flexitarienne, recycler tout, acheter de l’occasion ou raréfier les vols long-courrier en avion. Avec parfois des conversations houleuses avec les plus anciens, les moins convaincus. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… essentiel et au quotidien. Cela fait quelques années qu’avec mon conjoint nous essayons d’être ‘sobre’ le plus possible. Cela passe des petits gestes du quotidien, enseigner à notre fils qu’il est important de préserver l’eau, la biodiversité etc. J’aimerais faire plus, mais le quotidien nous rattrape quelque fois. Par exemple, on cuisine tout avec des produits bio et en vrac mais ça nous arrive de commander à emporter le vendredi soir après la semaine de boulot. Dans ces moments-là, quand je vois les quantités d’emballages, j’ai l’impression que tous mes efforts précédents sont réduits à néant. Malgré tout j’essaie de me consoler en me disant que si chacun faisait ce qu’on fait peut-être que l’avenir serait moins noir. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… repenser notre rapport au monde, faire moins mais plus intensément, avec plus de sens, et davantage de bonheur à la clé ! Je suis devenu végétarien. Mais aussi : ne plus prendre l’avion, réduire l’usage de la voiture au minimum (repenser les vacances et autres week-end), se déplacer le plus possible en vélo, et ressortir nos jolis pulls de grand-mère cet hiver. »
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… Faire tous mes déplacements quotidiens à vélo : travail, courses, etc. C’est utile mais insuffisant : les actions politiques doivent changer pour permettre aux citoyens d’améliorer leur sobriété : l’aménagement des axes de circulation pour favoriser réellement les modes de déplacements actifs, l’isolation des bâtiments ou l’aide aux logement à proximité du lieu de travail. Toutes ces mesures qui permettent de limiter la consommation d’énergie ».
« Pour moi, concrètement, la sobriété c’est… Pour une famille de quatre avec deux adolescentes, c’est déjà prendre le moins possible la voiture et acheter le plus possible d’occasion les vêtements. Nous consommons bio et en vrac. Depuis sept ans, nous faisons du cyclotourisme pendant les vacances d’été. Concernant l’eau, on récupère l’eau de pluie et l’été on garde le plus possible l’eau usagée, l’eau des bains par exemple, pour arroser. Au quotidien, on met des pulls et des bonnes couettes pour bien dormir au chaud et chauffer le moins possible les chambres. »
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