Changer son mot de passe pourrait-il améliorer la santé mentale? – Radio-Canada.ca

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L’étude a été menée auprès d’étudiants appartenant à des minorités sexuelles, lors de leurs premières semaines à l’université.
Photo : iStock
Entrer son mot de passe dans son ordinateur au quotidien peut sembler un geste banal. Mais avec les bons mots clés, cela pourrait avoir un effet non négligeable sur la santé mentale, selon une étude publiée dans le journal scientifique Internet Interventions.
Un chercheur de NYU Shanghai, Gu Li, et une chercheuse de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), Frances Chan, ont mené l’étude auprès de 296 étudiants de minorités sexuelles qui fréquentent ces universités.
La première cueillette a été faite auprès des étudiants de l’UBC en 2019 et, l’année suivante, l'étude a été élargie aux étudiants de Shanghai.
L’une des choses à laquelle nous réfléchissions, c’est la façon de préserver les effets d’une intervention psychologique. Par exemple, on sait qu’en quittant une séance de thérapie, un patient oublie généralement ce qui a été discuté, précise Gu Li, professeur adjoint en psychologie à NYU Shanghai. Les chercheurs souhaitaient donc découvrir un moyen qui servirait de rappel facile des nouveaux outils acquis en thérapie.
Le chercheur Gu Li a commencé l’étude lors de son passage à l’Université de la Colombie-Britannique et a par la suite fait une seconde cueillette auprès des étudiants de NYU Shanghai.
Photo : Gracieuseté de Gu Li
Les gens utilisent des mots de passe tous les jours; alors on s’est dit que ces mots de passe pourraient inclure des messages thérapeutiques, avance le chercheur de NYU Shanghai, qui avait entamé ses recherches en 2019, lors de son passage à l’Université de la Colombie-Britannique à l'occasion d'une bourse postdoctorale.
« L’un des grands principes psychologiques, c’est que l’écrire, c’est y croire, donc tu dois l’écrire pour te rappeler et renforcer le message, afin qu’il fasse partie intégrante de ta cognition. »
La recherche a porté sur des étudiants appartenant à des minorités sexuelles, qui commençaient leur cursus universitaire, car les jeunes adultes font face à plusieurs défis durant la transition à l’université. De plus, [ces étudiants] vivent généralement des microagressions en lien avec l’orientation sexuelle, peut-on lire dans l’étude.
Les chercheurs ont commencé par envoyer un sondage à tous les étudiants de première année à l'université. Les répondants issus des minorités sexuelles ont ensuite été contactés pour participer à une séance au cours de laquelle on les a interrogés sur leur santé mentale et sur l’homophobie intériorisée.
Les jeunes issus des minorités sexuelles vivent généralement une baisse de bien-être psychologique lors des semaines initiales de la première année à l’université.
Photo : Radio-Canada
Le premier groupe a été scindé en deux, et on a demandé aux membres de l'un des deux sous-groupes de changer leur mot de passe en fonction de leurs valeurs.
Les participants devaient donc choisir une valeur dans une liste fournie, par exemple les performances universitaires, les habiletés musicales et l’importance du moment présent. Ils devaient par la suite expliquer la raison pour laquelle ces valeurs étaient importantes à leurs yeux ou dans quel contexte elles l'étaient.
La professeure en psychologie à l’Université de la Colombie-Britannique Frances Chen a collaboré avec Gu Li à cette recherche.
Photo : Varun Saran
Tu prends ce message, comme ‘’le respect de soi est important, car ça me rend meilleur’’, et tu en fais ton mot de passe ‘’respectdesoifaitdemoiunemeilleurepersonne’’ ou tu peux utiliser un acronyme, explique-t-il.
Six semaines après le changement du mot de passe, les étudiants ont rempli un questionnaire leur demandant d’évaluer trois choses : leur satisfaction générale par rapport à la vie, leur sentiment d'épanouissement et le degré d'intensité de symptômes dépressifs.
Généralement, les étudiants issus de minorités sexuelles vivent une baisse de leur bien-être psychologique durant leurs premières semaines à l’université. C'était le cas du sous-groupe qui n’a pas changé son mot de passe et d'une partie des membres du second groupe qui n'utilisaient pas leur mot de passe très souvent, précise le chercheur.
Ceux qui avaient changé leur mot de passe plus fréquemment ont constaté une baisse moins importante de leur bien-être.
Alexa Martin-Storey, professeure à la Faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la stigmatisation et le développement psychosocial, voit les résultats d’un bon œil : Je pense que c’est toujours un défi d’encourager les gens à développer des outils thérapeutiques dans des contextes à l’extérieur de la thérapie, explique-t-elle.
Elle précise toutefois que cette approche n’est pas une panacée pour les défis en santé mentale que vivent les groupes stigmatisés, comme les minorités sexuelles : Essentiellement, changer un mot de passe ne va pas faire de miracle au niveau de la santé mentale. Elle note toutefois que le défi principal en santé mentale, c’est d'équilibrer l’efficacité et la faisabilité, et changer son mot de passe est très faisable, précise la chercheuse.
La professeure Alexa Martin-Storey se dit encouragée par les résultats de cette recherche et estime que des affirmations répétées constituent une étape importante pour améliorer la santé mentale auprès des groupes stigmatisés.
Photo : iStock
Gu Li encourage tous les gens à choisir des mots de passe qui fonctionnent pour eux. On commence à beaucoup utiliser la reconnaissance faciale pour accéder à nos ordinateurs, mais les mots de passe ont leurs avantages particuliers, souligne-t-il.
À la prochaine étape, il souhaiterait tenter la même expérience avec des personnes issues de minorités visibles, ainsi qu'auprès de personnes issues de minorités sexuelles dans des pays où l'accès aux services de soutien en santé mentale est limité.
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