BTS: de la musique avant toute chose ? – Le Figaro

La musique fait partie de nos vies individuellement et collectivement. Nous la définirons pour en comprendre la nature, le rôle et le sens que chacun lui donne. Cette expérience intime et universelle mêle tradition et innovation permanente.
La musique fait partie de notre vie, mais aussi de notre identité collective, en tant que citoyens du monde, puisque la musique plonge ses racines dans des origines multiculturelles, telles que la musique africaine, hébraïque, arabe, persane, indienne, etc. La musique vient contrebalancer l’utopie de la communication médiatique dans laquelle nous vivons aujourd’hui. En effet, l’image fait partie intégrante de notre quotidien au travers de la télévision, d’internet et de la publicité, médias propres à notre société de consommation. C’est pourquoi, il s’agit dans ce thème musical de se questionner sur la place de ce patrimoine immatériel, de cette expérience unique qu’est la musique qui nous émeut individuellement comme collectivement.
La musique nous rassemble depuis des siècles par le génie de la culture, par le partage d’émotions au travers d’œuvres intemporelles que tout un chacun peut écouter et apprécier. Elle permet aussi de comprendre, dans une certaine mesure, le monde qui nous entoure en effaçant les frontières qui trop souvent nous séparent. La musique est donc source d’efforts, de richesse, de diversité, mais aussi et surtout, de transmission de connaissances et de significations entre les peuples, entre les générations.
La plus grande partie des peuples de la planète ne lit pas de livres. En revanche, elle chante, joue de la musique, danse, car elle est avant tout vivante. La musique est comme un pont entre un monde tangible, celui des instruments, des musiciens et des mélomanes et un monde intangible, celui de la mémoire du passé avec les musiques traditionnelles, celui de la création du présent avec les musiques actuelles et enfin celui aussi de l’innovation du futur avec les musiques électroniques, spectrales ou encore la MAO1.
En effet, le dialogue entre la musique et les sciences ou encore entre la musique et les autres arts, littérature comprise, seront la preuve de cette virtuosité de la musique qui co-construit notre identité collective à l’échelle mondiale. Le champ de la musique intègre les contradictions, le hasard heureux (aussi appelé sérendipité) et laisse le temps vécu s’épanouir en nous, par nous, entre nous comme avec nous. En somme, la musique est essentielle, avant toute chose, parce qu’elle parle à chacun de nous.
1. Les commencements de la musique (60 000 av. J. C. -500 apr. J. C.)  
Pour parler des origines de la musique, il est impossible de faire l’impasse sur le 1er instrument connu, à savoir notre corps et plus précisément notre voix. Dès la naissance du langage articulé, il est probable que l’homme ait enrichi son langage de sons, d’intonations, de claquements de langue, de pieds ou de mains, de souffles, de sifflements, de grognements, de grondements, de cris, etc. Or, ce processus se fit probablement simultanément avec l’évolution culturelle globale au niveau de l’art pariétal, mais aussi, au niveau de la fabrication de bijoux et de divers ornements esthétiques. À l’époque, la musique est rarement complexe au niveau harmonique mais l’est, en revanche, au niveau rythmique. La raison en est que la musique préhistorique accompagne le plus souvent les rites religieux ou spirituels ainsi que les danses et les gestes de ces peuples lors de ces cérémonies. La musique, en tant qu’héritage commun, avait et a toujours un rôle spirituel, un rôle mémoriel et enfin un rôle social. Par ailleurs, il ne faut pas négliger son rôle fondamental autant que fondateur, en termes d’adaptation et de cohésion sociale au sein de l’humanité. Cette fiche retracera donc l’adaptation de l’Homme par la musique à son environnement au fil du temps. Elle nous conduira alors à une définition plurielle et évolutive de la musique.
2. Une histoire musicale séculaire: vers une définition évolutive de la musique
Traditionnellement, on considère que la musique est d’origine mythologique voire d’origine divine. En effet, dans la Grèce antique, la musique serait le fruit de neuf nymphes. Ces muses seraient les filles des amours de Zeus et de Mnémosyne, la déesse de la mémoire. Ces filles auraient été seulement trois à l’origine : la pratique ou Mélété, la mémoire ou Mnémé et le chant ou Aoedé qui était associé à la musique mais aussi à la littérature. Ces trois premières muses nous permettent de faire un lien entre la musique et la poésie puisque le poète antique était avant tout un orateur qui n’utilisait ni livre, ni écriture. Par la suite, le poète Hésiode distingua les neuf nymphes dont les noms sont les suivants : Calliope « à la voix harmonieuse » qui renvoie à la Poésie épique, Clio signifiant « célébrée » renvoie à l’Histoire, Euterpè ou « gaieté » faisant référence à la flûte, Erpsichore ou « joie de la danse » renvoyant à la poésie légère et à la danse, Erato signifiant « aimable » renvoie quant à elle à la chorale lyrique, Melpomène ou « chant » fait référence à la tragédie, Thalie ou « abondance » renvoie à la comédie, Polymnie signifiant « plusieurs chants » renvoie à la pantomime et enfin Uranie « la céleste » renvoyant au domaine de l’astronomie. En résumé, nous constatons que la musique se décline sous de multiples facettes. Se pose alors la question de savoir ce qu’est véritablement la musique ?
La musique est avant tout l’art des sons. Le son est le signe d’un événement. En effet, il faut qu’il se passe un événement pour qu’on entende quelque chose. Le son a une fonction d’alerte pour les êtres vivants. Le son ou « signifié2 » pour parler comme Ferdinand de Saussure3 renvoie à sa cause ou « signifiant4 ». Le « signifiant » est ce qui provoque le « bruit » et les mouvements qui lui sont associés. Le monde actuel est un chaos de bruits que nous ne pouvons comprendre puisque ces bruits (klaxons, etc.) s’enchaînent, s’entremêlent de manière indéfinissable. Les sources de ces bruits ne sont pas forcément identifiables, c’est ce principe qui différencie la musique du simple bruit. En effet, la musique, par le biais des instruments inventés il y a environ 40 000 ans, va rendre les sons distincts, c’est-à-dire reconnaissables à l’oreille grâce à leur timbre spécifique. Ensuite, la musique va se structurer grâce à la pulsation rythmique qui va rendre la durée des sons définie, selon un cadre mathématique précis qui va jouer sur les échelles des hauteurs de ces sons (échelle chromatique de la gamme : do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, etc.) et des modes, c’est-à-dire les intervalles entre les « barreaux des échelles » (mode majeur, flamenco, etc.).
À ce propos, on peut citer l’apport des philosophes antiques Pythagore (570 à 493 av J.C.), Aristote (384 – 322 av J.C.), et Platon (423 -348 av J. C.). En effet, musique et philosophie ont permis de relier la musique à la fois aux sciences antiques mais aussi au domaine des Idées et de la pensée humaine. Ainsi, Pythagore de Samos fut le premier philosophe grec à avoir proposé une théorie musicale. L’histoire de la pensée raconte que Pythagore aurait voulu élucider le problème de la différence de hauteur de sons de la forge du forgeron. En effet, ce dernier ne produisait pas les mêmes sons selon l’outil utilisé. Le philosophe inventa alors une méthode expérimentale pour tester sa théorie. Pour cela, il fabriqua un instrument monocorde, avec une seule corde, qu’il faisait vibrer afin de comprendre et surtout de calculer les rapports mathématiques entre la hauteur du son d’une note et la longueur correspondante de la corde vibrante. Ces réflexions amenèrent Pythagore à transposer la mathématique musicale à l’harmonie cosmologique garantie par les dieux du Panthéon grec. Le cosmos est le Tout, ordonné et harmonieux, de l’univers composé d’un ensemble de sphères (figures mathématiques) dont la Terre serait le centre absolu. Pour Pythagore, le mouvement des planètes créerait « la musique des sphères » inaudible par les hommes mais preuve de la beauté harmonique du monde.
Pour les autres philosophes, tels que Platon ou encore Aristote, la musique fut surtout un objet d’étude intellectuel (plus que mathématique) par rapport aux effets sociaux et politiques de la musique sur les mœurs et les esprits de leurs contemporains. L’impact de la musique sur les comportements collectifs et les personnalités individuelles conduisit ces philosophes à dénigrer les innovations artistiques en matière de musique comme source de « corruption de la jeunesse » notamment. Cette corruption supposée étant immédiatement soupçonnée d’induire des dérèglements politiques et sociaux dans la gestion de la cité. Platon, et dans une moindre mesure Aristote, rejetait l’idée irrationnelle de plaisir musical du fait de l’intensité des passions qu’elle générait à l’écoute ou à la pratique. La musique devait donc appartenir à une élite garante d’une tradition harmonique rigoureuse et on devait condamner le génie créatif. En somme, après l’expérience philosophique de Pythagore et de ses contemporains, nous comprenons que ce qui permettra véritablement à la musique de devenir un art à part entière doté de lettres de noblesse autant que d’ailes créatrices, sera le moment où notre oreille percevra des sons qui sembleront ordonnés entre eux, en créant un monde imaginaire unique. Une autre dimension essentielle à la « formation » de la musique, c’est-à-dire à la « sensation mélodique » chez l’auditeur, est le fait que l’auditeur en question se mette, ou non, en position d’« écoute ». En effet, d’après le philosophe Francis Wolff dans le colloque du 14.11.2020 du Centre Européen de la Musique intitulé « De la musique avant toute chose / Music before all else », la musique peut se définir comme « la transposition de la causalité réelle (des choses aux évènements sonores) en une causalité imaginaire (des sons entre eux).  La musique est l’art de rendre les sons autosuffisants.Autrement dit « la musique est l’art de créer des mondes imaginaires sans choses, mais où elles ne manquent pas !». La musique permet de nous libérer de notre nature « animale » et de la fonction biologique du son en tant que « son d’alerte ». Le son du train, par exemple, peut être considéré comme une causalité matérielle mécanique en tenant compte de sa fonction pratique, mais ce son peut aussi être perçu, par l’homme notamment, comme une musique telle que la berceuse qui peut aider à trouver le sommeil.
La musique est aussi un langage en tant que forme d’écriture. Par la suite, évidemment, viendra l’invention des notes. Les notes sont comme un alphabet permettant de déchiffrer et de lire une partition musicale. Ceci a également permis d’ordonner les sons composant une mélodie. La plus ancienne forme de notation, ou écriture musicale approximative, datant de 2000 ans avant J. C. est visible sur une tablette d’argile trouvée à Sumer (Mésopotamie). Mais c’est le fragment de pierre athénien nommé les « Hymnes de Delphes » (entre 138 et 128 av J. C.) qui montre pour la première fois des chants mélodiques indiquant hauteur et durée des notes. Si l’on poursuit l’évolution de l’écriture musicale, la plus ancienne composition de paroles et de mélodies chantées connue se trouve sur une tombe turque du 1er siècle avant J. C., située près de l’antique ville d’Ephèse. Elle est connue pour être l’épitaphe de Seikilos5.
Le lien étroit qui existe entre musique et religion et/ou métaphysique explique que la musique soit aussi devenue un accès au monde, matériel et immatériel, par le biais de l’émotion. En tant que telle, la musique serait considérée comme essentielle car serait libérée de la raison, libérée du calcul technico-scientifique, du langage mathématique. Si l’on fait référence à nouveau à l’Antiquité, nous pouvons prendre l’exemple des tragédies. En effet, la tragédie, parce qu’elle était imprégnée de mythologie au même titre que les rites religieux, faisait partie intégrante du quotidien des grecs de l’Antiquité. Ceci en tant que loisir pour le public notamment, mais aussi en tant que profession pour les musiciens les plus habiles de l’époque. Les grecs étaient très sensibles à la musique. C’est pourquoi l’éducation musicale était partie prenante de la formation des élites et des dirigeants de l’époque. L’instrument phare de cette élite était l’instrument traditionnellement associé au Dieu Apollon6, à savoir la lyre. La lyre est symbole de calme et d’ordre. Par opposition à Apollon, le culte de Dionysos, dieu de l’ivresse et des plaisirs de la vie, était célébré par des dithyrambes et autres chants destinés à produire sur l’auditoire de fortes émotions et des passions débridées. C’est pourquoi les élites organisaient de grandes fêtes où les concours musicaux et théâtraux avaient toute leur place. Ainsi, le mot « tragédie » vient du grec tragoidia qui signifie « chant de la chèvre » faisant référence aux satyres aux pieds fourchus composant les chœurs des Dionysies, ces fêtes de vendanges en l’honneur de Dionysos à Athènes. Ces Dionysies se composaient de représentations de natures diverses : dithyrambes, comédies, tragédies ou encore satires. Dans ce cadre festif, les artistes devaient produire des spectacles complets comprenant la musique, les textes à déclamer, les décors et costumes sans oublier la chorégraphie des danses et la constitution comme la répétition des chœurs qui étaient des groupes de chanteurs masqués en robe. Le rôle du chœur était essentiel, accompagnant l’intrigue en commentant de manière chantée les actions des poètes déclamant leur texte. Les spectateurs les plus éloignés du centre de l’Odéon d’Athènes (salle de concert construite en complément des amphithéâtres de plein air) pouvaient ainsi, tout de même, suivre les pièces présentées lors de ces concours. La musique était donc avant tout vocale et fidèle aux tensions et aux passions générées par l’histoire de la pièce. Seul un instrument, l’aulos7, était présent pour accompagner les chants.
Petit à petit, les concours musicaux prirent de l’ampleur. Ce fut alors le moment de bascule où la musique devint source de virtuosité et de gloire pour les artistes les plus doués qui en firent profession. Ces virtuoses parvenaient à vivre particulièrement bien de leur art. Bien que la musique berça déjà la vie quotidienne des grecs, tant dans des cérémonies religieuses ou civiles comme des mariages ou encore des funérailles que lors des travaux agraires à la période des récoltes aux champs, la pratique des concours de chant choral, de danse, de pratique instrumentale contribua à cultiver la création et le génie musical. Ceci en dépit des peurs exprimées par les philosophes tels que Aristote ou Platon.
Le Moyen-Âge (500- 1400) hérita de ce savoir-faire virtuose. Le domaine où il excella le plus fut, là encore, dans le domaine religieux. En effet, musique et sacré furent, de tout temps, un couple inséparable. Le chant choral fut largement utilisé par l’Église chrétienne dès les premiers rites religieux et spirituels. Les monastères et cathédrales constituèrent, pendant plus de 1000 ans, le creuset de la musique médiévale. En effet, la civilisation antique romaine subissant un important déclin se trouva remplacée par la domination du clergé catholique médiéval. Ainsi, les diocèses et autres monastères cumulèrent le rôle de garant du culte religieux mais aussi celui de lieux d’enseignement culturel puisque les ecclésiastiques8 étaient quasiment les seuls à être éduqués, c’est-à-dire à maîtriser la lecture et l’écriture. L’éducation musicale servait principalement à la célébration par les prêtres ou les religieuses des offices liturgiques à destination du peuple. Néanmoins, il convient de préciser, ici, qu’il ne s’agissait pas du « bas peuple » composé principalement de paysans illettrés qui, eux, n’entendaient jamais ces chants sacrés. En effet, les offices étaient réservés aux communautés religieuses ainsi qu’aux chapelles privées de nobles. Ces chants, en latin, n’étaient accompagnés d’aucun instrument c’est-à-dire étaient chantés a cappella9 de mémoire.
La musique était aussi un art populaire au Moyen-Âge. Puisque la musique sacrée était l’apanage de l’élite, les foules médiévales se divertissaient par des chants et danses populaires produites par des ménestrels et autres troubadours10, tantôt nobles, tantôt saltimbanques de rue. Ces chants populaires, de genres variés, depuis les airs à la cornemuse en passant par les airs de cour (ballades, sérénades, etc.), ponctuent la vie des médiévaux. Ainsi, « les jongleurs » ou musiciens itinérants, donnaient des représentations et concerts de rue composés de contes de fées, de danses, de musiques, de chants, de prestations instrumentales, de jonglerie ou encore d’acrobaties. Ces jongleurs étaient, soit employés chez la noblesse (quand ils ne se faisaient pas chasser par peur de leur « mauvaise réputation »), soit musiciens de tavernes ou de rue. Néanmoins, l’élite aussi possédait ses ménestrels éduqués en vue d’une carrière ecclésiastique et appelés « les goliards ». Ces derniers, parfois, finissaient par abandonner les ordres pour se consacrer à chanter la satire politique ou encore l’amour courtois. Nous pouvons citer en exemple le fameux recueil de plus de cent chansons Carmina Burana qui fut chanter dans les cours les plus prestigieuses d’Europe. Carmina Burana comportait un vaste répertoire de strophes religieuses, de satires à caractère moralisateur et de chant d’amour. Ce recueil fut popularisé par la version symphonique de Carll Orff en 1930.
Pendant la période suivante, de la Renaissance à la Réforme (de 1400 à 1600), la musique sacrée connut d’abord un essor considérable pour ensuite décliner avec la Réforme de l’Eglise catholique. L’apparition des premières partitions imprimées transforma profondément la culture musicale rendant cet art plus accessible à partir du XVIème siècle. Les musiciens amateurs comme les compositeurs les plus illustres s’essayèrent à la pratique musicale pour les premiers, à la création de plus en plus complexe pour les seconds. La musique sortit alors des lieux de culte et des cours pour investir les salons et les salles de concert. En somme, à la Renaissance puis à la Réforme, la musique se libère de ses carcans pour devenir plus expressive et plus instrumentale.
La musique, bien qu’immatérielle est aussi une utilisation de matériaux physiques. En effet, les sons musicaux sont intégralement fabriqués grâce aux vibrations de l’air et sont opposés aux sons naturels assimilés à des bruits. Concernant les instruments de musique, y compris les instruments électroniques, on en dénombre environ 12 000 types d’après le Dictionnaire Grove de la musique et des musiciens. Le musicien est le seul artiste devant obligatoirement fabriquer ses propres matériaux et s’en emparer pour produire son art. Le peintre, en revanche, peut utiliser des pigments naturels tels quels pour réaliser son œuvre. Ce qui n’est pas le cas du musicien qui doit toujours composer avec ses matériaux. La musique possède donc une place tout à fait singulière dans le reste des arts.
La période baroque (de 1600 à 1750) est une période parfaite pour traiter de l’expression artistique liant l’émotion au religieux autant qu’au profane. Mais, qu’est-ce que le style baroque exactement ? En réalité, ce terme vient du portugais barroco qui signifie « perle de forme irrégulière » et peut donc s’appliquer aussi bien à un style musical qu’à une époque11. La caractéristique du style baroque est de vouloir émouvoir profondément l’auditoire en transposant en musique tout le répertoire des passions humaines : l’amour, la haine, la colère, le désespoir, etc. Au niveau technique, l’une des caractéristiques les plus remarquables sera de mêler dans une même œuvre plusieurs groupes, dits « contrastants », alternant chanteurs et instrumentistes de manière harmonieuse. Il est intéressant de noter que les différentes Églises (catholiques, protestantes, etc.) s’emparèrent de ce style baroque pour attirer à elles les fidèles égarés en arguant que cette musique était capable de provoquer des sentiments en conformité avec les dogmes religieux.
De même, ce fut à cette époque que le roi Louis XIV donna de grandes et magnifiques réceptions où la musique, d’abord à Paris puis à Versailles, occupa toute sa place. Pour preuve, Louis XIV fut surnommé « le Roi-Soleil » à la suite du Ballet de la nuit où il joua le rôle d’Apollon, dieu du soleil. C’est aussi à cette occasion que le roi fit la connaissance du compositeur italien Jean-Baptiste Lulli (francisé en Lully par la suite) et cette rencontre fut déterminante pour Lully qui noua une belle amitié avec le roi, le propulsant ainsi sur le devant de la scène française pendant plusieurs décennies.
La période classique (de 1750 à 1820) se situe au siècle des Lumières et correspond à une certaine démocratisation de la pratique musicale. Ce siècle plaça la raison au cœur de son système de pensée et la musique ne fit pas exception à la règle. Cette musique classique contribua à développer la pratique de la musique en public par le concert et à une meilleure diffusion des partitions musicales. On assista à une certaine forme de clarification stylistique de la musique baroque (trop complexe) au travers des genres classiques de la symphonie, de la sonate instrumentale et du quatuor à cordes à l’origine de la musique de chambre. Désormais, la musique se joue en famille et entre amis dans les maisons bourgeoises. Les compositeurs se libérèrent du financement par les cours ou les riches mécènes pour devenir plus indépendants. Ils purent aussi, dès cette époque commercialiser leurs œuvres et ainsi donner accès à ce patrimoine à un public de classe moyenne. Ce public, mieux instruit car profitant d’un accès facilité à des instruments de meilleure facture à un coût plus abordable, était désireux de se cultiver tout en se distrayant. La musique constitua, à la période classique, le loisir parfait.
La période romantique (1820-1910) fut profondément marquée, quant à elle, par la Révolution française qui accorda une place privilégiée au nationalisme, aux droits de l’homme et du citoyen et donc à l’individu. Ainsi, dans un tel contexte, la société porta le culte de la figure artistique romantique. Ce fut une époque faste des compositeurs de symphonie psychologique, de virtuoses instrumentistes et l’opéra y connu son apogée. C’est donc l’expérience humaine dans sa force (symbolisée par le combat et/ou le rassemblement des publics dans une écoute ou un hymne commun national) et dans sa fragilité (le génie de l’interprète et/ou du compositeur) que les romantiques magnifièrent par cette musique classique qui est une continuation de la période précédente plus qu’une véritable rupture. Pour la période correspondant à la musique moderne (1910-1945) et à la musique actuelle mondialisée (de 1945 à aujourd’hui), la question de l’expérience musicale nouvelle va nous guider par comparaison avec les périodes antérieures.
3. La musique, une expérience individuelle mais tout autant collective, voire universelle
● La musique, une expérience individuelle : le professionnel de la musique, le compositeur
Les compositeurs de la période romantique atteignirent une grandeur et une atmosphère de paix intérieure inégalées jusqu’alors. Nous pouvons citer ici quelques unes des dernières et des plus grandes œuvres de Ludwig van Beethoven, la Missa Solemnis en ré mineur. Il s’agit d’une véritable amplification de la messe catholique romaine. La Neuvième symphonie, fut quant à elle, le chef-d’œuvre dramaturgique issu du poème allemand « An die Freude » (Ode ou Hymne à la joie) de Friedrich Schiller, qui obséda le compositeur jusqu’à sa mort. Ce poème était une ode à la fraternité entre les hommes. Or, Beethoven était profondément convaincu de la nécessité d’une solidarité et d’un amour fraternel entre les hommes. C’est pourquoi, le compositeur voulut traduire ces sentiments dans ses dernières œuvres. Par exemple, dans le final de la Neuvième symphonie avec chœurs et solistes, Beethoven inclut des instruments à percussion étrangers orientaux tels que des caisses basses et des cymbales typiques des fanfares militaires turques. Ainsi, par son travail acharné à titre de compositeur de génie, Beethoven réussit à donner des couleurs culturelles mondiales à son œuvre recevant, à l’occasion de ses premières représentations au Royal Court Theatre de Londres et au Théâtre impérial de Vienne, un accueil décrié mais en même temps triomphal.
De même, impossible de ne pas citer rapidement la formation de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791 à la période classique), qui dès l’âge de 5 ans composa pour le clavier. Son père, Léopold, lui-même violoniste et compositeur pris en main la formation musicale de son fils prodige en abandonnant sa propre carrière. Le père le fit travailler d’arrache-pied et dès 1761, tint salon à Londres afin de produire ses enfants, Wolfgang et Nannerl (la sœur aînée de Mozart), en public l’un au clavier et l’autre au chant ou au violon. L’histoire retint les nombreux récitals payants tenus par le jeune prodige en ce salon familial où il s’évertuait à improviser, jouant à l’envers ou encore les mains cachées sous un drap. Ainsi, le film Amadeus est un film américain réalisé par Miloš Forman, sorti en 1984 (et repris en 2002 dans une version director’s cut rallongée de vingt minutes) reste fameux pour ces scènes d’improvisation très remarquables. À seulement 16 ans, Mozart fut nommé maître de concert ou Konzertmeister à la cour de l’Archevêque de Salzbourg jusqu’en 1781 où il s’établit à son compte devenant, ainsi, l’un des premiers musiciens-compositeurs-interprètes indépendants. Il passa le reste de sa vie à la cour de Vienne où il produisit énormément (opéras, concertos, sonates et symphonies). Ce fut sa capacité à transmettre des émotions et son génie à exprimer la beauté autant que la complexité de l’âme humaine qui marquèrent son temps. Il mourut à l’âge de 35 ans, probablement des reins (et non assassiné par son rival comme le raconte le mythe) dans une relative misère bien que sa production artistique fut ininterrompue.
● La musique, une expérience individuelle : l’auditeur mélomane
Après avoir évoqué les compositeurs et interprètes professionnels ci-dessus et après avoir souligné l’importance pour ces génies d’une formation musicale solide assortie d’une pratique constante sans oublier un don certain pour l’art musical, nous pouvons nous demander si l’expérience de l’auditeur mélomane demande la même exigence et la même éducation du goût que celle du professionnel. Pour traiter de ce point, rien de tel que de se projeter dans la période des temps modernes (1910-1945) où la musique s’enrichit de nouveaux rythmes et de nouveaux outils (phonographe, radio, le micro, l’amplificateur, etc.) permettant à l’auditeur mélomane de satisfaire et développer son goût musical. En effet, si la musique enregistrée fait bel et bien partie de notre quotidien et nous paraît tout à fait commune et naturelle aujourd’hui, tel n’était pas le cas il y a un peu plus d’un siècle. Le privilège, la joie, le plaisir et l’émotion suscités par l’écoute musicale, indépendamment de la présence physique de musiciens jouant en direct, sont un ensemble de phénomènes qui interrogent notre statut mais aussi notre vécu d’auditeur de musique.
À ce propos, la présentation d’Ester Pineda, musicologue, pianiste et neuropsychologue lors du Colloque du Centre Européen de la Musique « De la musique avant toute chose » du 16 novembre 2020, est intéressante à mobiliser afin de creuser le lien qui existe entre, d’une part le travail de l’oreille par le cerveau du musicien professionnel et d’autre part, le travail de l’oreille par le cerveau de l’amateur mélomane. Cette chercheuse travaille donc sur l’écoute interne du musicien dans son interprétation professionnelle et sur notre « cerveau musical » en tant qu’auditeur mélomane. En effet, le rapport à la musique intéresse grandement les sciences cognitives afin de comprendre pourquoi la musique est à la fois structurellement parlant et émotionnellement parlant aussi riche. La pratique et ensuite l’interprétation permettent de lier plusieurs domaines : 1) celui de la création ; 2) celui des inter-relations avec le côté émotionnel et thérapeutique ; enfin 3) celui de la sociabilité à l’échelle collective et culturelle. Il s’agit de se pencher sur la question de la perception de la musique afin d’en élucider les effets sur l’auditeur le plus souvent amateur. Or, si nous revenons à l’apport de la technique d’enregistrement, depuis les débuts de Josef Hoffman enregistré au piano sur cylindres par l’inventeur américain Thomas Edison en 1887, jusqu’aux équipements actuels (studios acoustiques, Musique Assistée par Ordinateur ou M.A.O., etc.), nous voyons que l’histoire de la musique enregistrée et plus largement de la musique numérique est une longue évolution technologique. Cette évolution a bouleversé notre rapport à la musique en tant que compositeur, mais aussi et surtout, en tant qu’auditeur.
Pour les compositeurs contemporains ces avancées sont capitales bien sûr puisque ceux-ci bénéficient des avancées scientifiques relatives à la prise de son qui est passée de la simple constitution d’échos sonores pour arriver, actuellement, à des restitutions sonores d’une incroyable fidélité. La composition de musique par des techniques électroniques donne naissance à un nouvel art récemment appelé « l’art des sons ». Cet art nouveau ne se joue plus mais « se passe » à l’ordinateur ou à la platine une fois préenregistré par le musicien-technicien. Ainsi, d’une part, les compositeurs se voient offrir le service de « capter dans une immortalité complète et méticuleuse » leur œuvre pour reprendre les mots de Claude Debussy en 1904. D’autre part, les auditeurs mélomanes, eux, se transforment petit à petit en collectionneurs de disques passionnés pour devenir aujourd’hui des consommateurs d’une culture de masse standardisée par les médias et l’industrie musicale. En effet, historiquement, pour enregistrer la musique, on utilisait des rouleaux de cire où l’on gravait la musique par un système de sillons (vers 1880 à 1915). Ces rouleaux n’étaient accessibles qu’à une catégorie de personnes socialement aisées. C’est pourquoi, par la suite, ces supports laissèrent la place aux « galettes », ces disques plats de 78 tours par minute (vers 1903 à 1958). Vers 1948, l’apparition bon marché des appareils, tel le tourne-disque pour les disques à microsillon (vers 1948) puis les 45 tours (vers 1949 à 2000), a permis une plus grande démocratisation de l’accès à la musique « portative ». C’est vers 1982 que l’invention du compact disque, ou CD, révolutionna l’industrie musicale. Continuant cette conquête de marché, nous vîmes apparaître dès 1994 les plateformes de téléchargement puis les sites d’écoute (streaming) de musique numérisée par Internet. Toutes ces évolutions permirent un développement sans précédent de la musique à l’échelle planétaire avec tantôt du positif (accessibilité musicale au plus grand nombre) et tantôt du négatif avec les risques liés à une certaine standardisation de nos goûts, de nos pratiques d’écoute et de nos compositions entièrement automatisées par le biais de boites à rythme, de synthétiseurs, de studios modernes dotés de tables de mixage ou encore de logiciels informatiques.
● La musique, une expérience à visée collective : les aspirations nationales grâce aux médias
Puisque nous parlons de standardisation de la musique, nous ne pouvons faire l’impasse sur les moyens médiatiques ayant contribué, en plus de la pratique du concert, à diffuser à grande échelle la musique de tous les continents à travers le monde. Bien sûr, avant la télévision, ce fut la radio, et notamment la radio « made in USA », qui servit à divertir les auditeurs à domicile à l’aide de la musique populaire sans barrières sociales ni frontières terrestres. Ce phénomène fut nourri par la publicité qui transforma les émissions de variété en direct en émissions commissionnées très juteuses. Les émissions parrainées étaient nées. Il est à noter que dans ce nouveau paysage marketing, la musique classique était toutefois bien présente, au même titre que la variété, le théâtre, les humoristes, les « big bands » de jazz, les crooners comme Bing Crosby ou Mildred Bailey, la country, le blues ou encore le rhythm and blues, etc.
La radio joua aussi un rôle capital dans le soutien moral des troupes de soldats pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous pouvons citer des chefs d’orchestre novateurs comme Glenn Miller qui glissa du swing dans les marches militaires ou encore le groupe The Andrews Sisters lié au Service de la radio des forces armées américaines. En effet, la musique a toujours accompagné les soldats au combat, rythmant leurs pas à marche forcée, pour transmettre les informations et les ordres, pour effrayer l’ennemi autant que pour encourager les troupes. La musique était utilisée comme hommage aux morts de guerre à l’occasion des cérémonies de deuil national. C’est pourquoi, chaque nation possède un hymne identitaire national. La Marseillaise, pour la France, en est l’exemple parfait. C’est au tournant du XIXème et du XXème siècle que la musique militaire, et particulièrement la marche, se constitua en genre à part entière. Aux USA comme en Europe, les compositeurs écrivirent de la musique militaire et la démocratisèrent petit à petit en la produisant en salle, en kiosque ou encore en concert. La trompette devint l’instrument symbole de cette mise à l’honneur de la musique militaire. Adolphe Sax améliora la coulisse des pistons en offrant aux cuivres de plus grandes amplitudes de jeu. Son invention, le saxophone, brevetée en 1846 apporta une grande variété de tessitures et fit grandement avancer la composition musicale pour les cuivres. La culture européenne, quant à elle, hérita de la période romantique le culte de l’individu et une défense d’un certain nationalisme. Ainsi, la musique militaire et les compositeurs de l’époque puisèrent dans les chants populaires et le patrimoine national pour exprimer leur ferveur patriotique. Ainsi, les qualités nationales s’exprimèrent en cherchant à donner un style local à la musique. C’est à cette occasion que les musiques traditionnelles et folkloriques telles que la polka en Russie, les mazurkas polonaises, les danses hongroises, etc. virent le jour.
● La musique, une expérience à visée collective universelle : la musique moderne et la musique du monde
La musique mondiale correspond à une longue période de foison mais aussi de contestation et de bouleversements allant de 1945 à nos jours. En effet, l’après-guerre permit à la jeunesse de se libérer des codes sociaux et des carcans rythmiques de la musique antérieure. La musique expérimentale, puis le rock’n’roll et la pop se définirent comme une sous-culture destinée à la jeune génération porteuse d’un message de rébellion. Le hip-hop et le punk, plus tard, s’engouffrèrent dans cette brèche de la musique « alternative » ouverte par la culture « branchée » du rock’n’roll. Le rock’n’roll est la marque musicale de la génération baby-boomer tournée vers la liberté et les sons électriques déformés et amplifiés sans orchestre grâce à la guitare électrique branchée sur un amplificateur. La musique se simplifia en devenant de plus en plus rapide et sonore. Le standard orchestral se réduisit alors à une guitare électrique, une contrebasse, des percussions et du chant. Cette simplicité révéla, du même coup, l’esprit rebelle de l’époque que la guitare amplifiée décupla. Mais la guitare acoustique ne fut pas la seule à devenir électronique. Les claviers devinrent des synthétiseurs, les orgues, les accordéons devinrent électroniques, les contrebasses devinrent des basses électriques, etc. Pour preuve de cette mutation, nous pouvons citer le record du nombre de décibels atteint en concert par le groupe de heavy metal Manowar, à savoir 129,5 décibels. Nous pouvons aussi citer, le guitariste prodige Jimi Hendrix (1942-1970) qui expérimenta les capacités de jeu du couple guitare-amplificateur grâce au retour de son et aux larsens13 obtenus en rapprochant l’instrument de l’amplificateur, auquel il associa la pédale wah-wah ou encore le tremolo arm élargissant encore la palette sonore. On considère que les musiciens comme Jimi Hendrix ou encore Link Wray comme les précurseurs, dans les années 1960, du rock instrumental à l’origine du heavy metal.
La visée collective de la musique des années 1960, outre la maturité et la liberté technico-sonore dont elle fit preuve au niveau du rock et de la pop, se manifesta par le renouveau du genre folklorique qui porta, en chanson, des messages politiques et sociaux puissants à visée universelle. Bob Dylan, par exemple, se fit remarquer avec ses chansons engagées et protestataires comme « The Lonesome Death of Hattie Carroll » et « Blowin’ in the Wind ». Cette dernière chanson devint l’hymne en faveur de la défense des droits civiques des peuples à travers le monde. Ce mouvement folk contestataire, porteur de contestations politiques, porteurs de valeurs d’égalité contre le racisme, porteurs de valeurs féministes, se développa aux U.S.A., mais aussi en Angleterre, en Irlande, en Espagne, en Argentine, etc.
Afin de porter ce message universel de paix, la pratique de festivals géants devint systématique dans les années 1960. Le festival de Woodstock en 1969 contribua à poser les bases du mythe de la culture contestataire hippie. Ce mythe est l’idée d’une totale liberté de pratiquer spontanément la musique de concert en plein air, gratuite sans contrainte de temps et sans se soucier du niveau sonore. Cet esprit perdure encore aujourd’hui dans les festivals comme le Cambridge Folk Festival inauguré en 1964 et qui offre aux participants de prendre part gratuitement à des ateliers, concours et autres prestations. À partir des années 1970 et jusqu’à nos jours, c’est la culture de masse engagée par des artistes comme Mickael Jackson, puis la culture club et le numérique qui ont poursuivi le mouvement idéologique et artistique initié par la culture des festivals. L’électro est l’abréviation de l’« electronic funk» venu du Bronx à New-York. Depuis plus de 50 ans maintenant, l’électro domine le monde de la musique de club (boîte de nuit) et est à l’origine des genres suivants : hip-hop, house, la deep-house intégrant de la soul, du R&B ou encore du gospel, la rave, la trance, le dubstep (house avec des influences reggae puis rock) et autres dérivés. Ceci contribua à redorer le blason des DJ qui commencèrent, dans les années 1970, à être considérés comme de véritables artistes. Ce mouvement se perpétue aujourd’hui, au XXIème siècle grâce à son succès mais aussi grâce à la révolution numérique.
Le numérique a changé notre manière de percevoir, de concevoir, d’écouter et bien sûr de consommer le bien « musical ». Depuis le CD dans les années 1980, en passant par le MP3 breveté en 1991 puis, les différents formats et plateformes de téléchargement (Napster, Limewire, Deezer, etc.) depuis les années 2000, la transmission musicale est de plus en plus rapide et de plus en plus facilité de par sa gratuité et de par sa circulation à l’échelle planétaire via le net. Outre la démocratisation permise par le numérique, les musiciens découvrirent un nouveau moyen de renforcer les liens avec leurs fans et pour les nouveaux artistes de se faire connaître du grand public. Ainsi, la chanteuse pop britannique Lilly Allen fut la première à se faire connaître grâce au réseau social My space. Autre phénomène notable : le site Internet YouTube dont le succès de fréquentation ne se dément toujours pas à l’heure actuelle avec ses milliards de visiteurs par mois. Ceci pose évidemment les questions relatives aux droits de la propriété intellectuelle et aux droits d’auteur. En effet, des musiciens firent valoir leurs droits auprès des tribunaux, comme par exemple le groupe Metallica puis le rappeur Dr Dre qui, en 2001, contraignirent Napster à fermer son site de téléchargement musical. Le cas opposé est celui des réseaux sociaux portés par les fans qui obtinrent justice pour leurs artistes favoris. Nous pouvons citer le cas mémorable d’Amanda Palmer, chanteuse et compositrice américaine qui racontait sur son blog que son producteur se plaignait de ses rondeurs. Ses fans, indignés par ces faits, prirent l’initiative de la défendre dans une campagne médiatisée sur le net en montrant eux-mêmes leurs propres corps avec leurs propres rondeurs. Elle récolta à cette occasion plus d’un million de dollars. La nouvelle technologie est donc à la fois bénéfique et néfaste à la musique.
CE QU’IL FAUT RETENIR
Dans cette fiche sur « De la musique avant toute chose ? » nous avons montré l’importance de définir la musique qui est à la fois, un langage, un art, une science, une technique sonore, un outil, un enseignement et un message qui a traversé les époques, les styles musicaux et les combats individuels et collectifs tant nationaux que générationnels. La musique dans ses particularités de genres musicaux comme dans son universalité au cours du temps est donc bel et bien une expérience sensorielle, psychique et émotionnelle à part entière. Celle-ci se vit à titre individuel et/ou se partage à titre collectif. L’évolution des instruments comme des technologies d’enregistrement, de diffusion et de consommation ont fait de la musique une richesse propre à l’humanité. Cette richesse transcende les différences culturelles, religieuses et/ou politiques. Elle efface les frontières terrestres et rassemble autant qu’elle valorise et affirme haut et fort les valeurs constitutives de chaque identité composant le genre humain.
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