Brachycéphalie : cause, évolution, conséquences de cette déformation du crâne chez le nourrisson – Femme Actuelle.fr

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La brachycéphalie fait partie des déformations crâniennes positionnelles susceptibles de se développer chez les nouveau-nés.
✔️ Validation médicale : Dr Anne-Christine Della Valle, médecin généraliste
La brachycéphalie se caractérise par un aplatissement de l’ensemble de la zone postérieure de la boîte crânienne, ce qui engendre un raccourcissement de la tête. Cette déformation positionnelle nécessite une prise en charge précoce et adaptée pour la corriger le plus rapidement et le plus efficacement possible. Comme détecter une brachycéphalie ? De quelle thérapie fait-elle l’objet ? Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur cette forme particulière de déformation crânienne.
Plus communément qualifiée de « syndrome de la tête plate », la brachycéphalie positionnelle correspond à une déformation se manifestant par l’aplatissement latéral ou postérieur de la boîte crânienne et tendant à raccourcir la longueur de la tête. L’enfant brachycéphale présente généralement une tête large et courte. C’est l’anatomiste suédois Anders Retzius qui fut le premier au XIXe siècle à décrire ce type de déformation qu’il tient alors à différencier de la plagiocéphalie qui, elle, est un aplatissement postérieur avec un côté prédominant. Ainsi, la brachycéphalie est une déformation symétrique, tandis que la plagiocéphalie se caractérise par son asymétrie. Lorsqu’elle n’est pas prise en charge, la brachycéphalie peut entraîner des complications de nature esthétique ou mécanique sur le plan cervico-brachial et/ou maxillo-facial notamment.
La brachycéphalie se manifeste par les caractéristiques suivantes :
Les bébés concernés par ce type de déformation présentent généralement un crâne large et un visage arrondi. Contrairement à la plagiocéphalie, aucun décalage des oreilles n’est repéré. Toutefois, ils ont parfois des difficultés à réaliser des rotations de la tête.
Pendant la vie in utero comme après la naissance, les os de la boîte crânienne du bébé ne sont pas encore ossifiés. Ils sont cartilagineux, ce qui signifie qu’ils sont malléables et, par conséquent, particulièrement sensibles aux compressions et aux tractions externes. Cette spécificité anatomique possède une utilité : elle facilite l’accouchement par voie basse. En effet, le diamètre crânien est généralement réduit pour favoriser la descente du bébé dans la cavité vaginale. Si la majorité de ces déformations se résorbent naturellement, d’autres, en revanche, vont persister. C’est ce qu’on appelle les déformations crâniennes positionnelles. Néanmoins, la brachycéphalie est un peu différente puisqu’elle se développe principalement dans les premières semaines après l’accouchement. Plusieurs facteurs ont d’ailleurs été clairement identifiés comme étant susceptibles d’accroître le risque de brachycéphalie (d’après l’Association Bébé Plagio) :
Il est impératif de consulter son pédiatre ou son médecin traitant dès l’apparition des premiers signes de déformations ou lorsque ces dernières ne se résorbent pas spontanément après un accouchement difficile, par exemple. Car s’il est possible de repérer une déformation positionnelle à l’œil nu, seul un professionnel habilité sera en mesure d’établir le diagnostic formel de la brachycéphalie. S’il le juge nécessaire, le praticien orientera les parents vers des confrères spécialisés (neurochirurgien, chirurgien orthopédique, kinésithérapeute…) afin d’obtenir un bilan complet.
Jusqu’à l’âge de 1 an, les potentielles déformations crâniennes positionnelles — dont fait partie la brachycéphalie — font l’objet d’une surveillance attentive lors de chaque consultation médicale du bébé. En effet, de nombreuses déformations surviennent secondairement après la naissance. Or, la question de la détection précoce revêt dans ce cadre une réelle importante, car une prise en charge rapide de la déformation permet une récupération optimale et réduit le risque de complications ultérieures.
Dans la majorité des cas, un simple examen clinique permet au médecin de détecter une déformation crânienne et d’en déterminer la nature.
Pour cela, le praticien se positionne au-dessus de la tête de l’enfant afin d’obtenir une vue d’ensemble. Il peut ainsi examiner le sommet de la tête, le positionnement des oreilles, des pommettes et procéder à la mesure des indices crâniens. Si besoin, il pourra recourir à un examen d’imagerie médicale pour compléter son diagnostic et éliminer la piste d’une craniosynostose qui, elle, représente une malformation congénitale dans laquelle des sutures du crâne se sont refermées trop précocement. Néanmoins, le recours à l’imagerie en première intention n’est pas recommandé. Parallèlement à la confirmation de la brachycéphalie, le médecin devra réaliser un bilan de la mobilité cervicale afin de repérer un torticolis susceptible d’être à l’origine de la déformation.
La prise en charge de la brachycéphalie va dépendre essentiellement du degré de sévérité de la déformation positionnelle, mais également de l’âge de l’enfant. Dans tous les cas, il est important de préciser qu’une brachycéphalie persistante ne se résorbera pas naturellement avec le temps sans un traitement adapté.
Entre 0 et 6 mois, la stratégie thérapeutique a le plus de chances d’offrir des résultats rapides et efficaces. À cet âge, les os de la boîte crânienne sont encore très malléables et de simples mesures posturales suffisent bien souvent à résorber la brachycéphalie :
À partir de 6 mois, la prise en charge varie quelque peu, puisque les techniques manuelles (kinésithérapie, ostéopathie) offrent des résultats moins probants. En effet, le crâne du bébé s’ossifie et devient rigide, ce qui rend la correction d’une déformation positionnelle beaucoup plus compliquée. L’orientation vers une consultation spécialisée au sein de laquelle le nourrisson est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire est généralement recommandée. C’est elle qui déterminera la thérapie à instaurer et envisagera, éventuellement, la réalisation d’une orthèse crânienne si le rapport bénéfice/risque est avantageux pour l’enfant. En effet, la thérapie par casque ne semble pas présenter de bénéfice suffisant pour les déformations légères. Lorsqu’il est choisi, le traitement par orthèse crânienne va permettre d’orienter la croissance de la boîte crânienne dans des zones sous-développées.
Dans le cas de la brachycéphalie, il s’agira donc de l’arrière du crâne. L’orthèse est mise en place après l’âge de 6 mois et avant 1 an. La durée quotidienne de port oscille entre 20 et 24 heures sur une période de 3,7 mois environ (d’après l’Institut régional de formation aux métiers de la rééducation et de la réadaptation des Pays de la Loire). À noter que la voie chirurgicale n’est envisagée qu’en ultime recours et uniquement pour des situations très spécifiques, car les complications postopératoires sont multiples.
Alertée en 2017 par une association de patients, la Haute Autorité de santé s’est penchée sur la question des déformations crâniennes positionnelles et sur leur dépistage. L’autorité publique indépendante a ainsi édité une documentation détaillée sur la brachycéphalie et la plagiocéphalie à destination des professionnels de santé, mais également du grand public. Si elle rappelle en préambule que le couchage sur le dos des bébés est impératif pour prévenir la mort inattendue du nourrisson (MIN), la HAS émet plusieurs recommandations destinées à prévenir le développement de déformations positionnelles :
Sources :
Association Bébé Plagio, Institut Régional de Formation aux Métiers de la Rééducation et Réadaptation Pays de la Loire, Haute Autorité de santé
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