« Avec gravité mais avec légèreté », Kent sort un disque intimiste en … – Le Figaro

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À 65 ans, le chanteur, artiste complet, fait la genèse de son dernier album, Scherzando.
« La nuit dernière, j’ai rêvé que Get Baque, s’était vendu à 45 000 euros chez Sotheby’s ! » confie Kent lors de son entretien avec Le Figaro. En 1978, en pleine vague punk, la chanson Get Baque, deuxième 45 tours de Starshooter, signée d’une plume énervée par Kent, alors chanteur du groupe de rockeurs lyonnais, constitue un détournement potache et irrévérencieux du morceau Get Back des Beatles.
EMI, la maison de disques qui distribue également les albums des quatre garçons de Liverpool, retirera précipitamment le disque (aujourd’hui collector) du circuit de distribution après à peine une semaine d’exploitation. Quatre décennies plus tard, l’eau a coulé sous les ponts et Kent, désormais figure reconnue de la chanson française, éprouve, à 65 ans, comme le besoin de faire le bilan sur sa carrière et sur sa vie.
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«À l’époque, j’étais un jeune chien fou», juge Kent. Assagi, il publie un 16e album studio, Scherzando, chez le label AT(h)OM. L’album de la maturité. Scherzando, mot italien tiré du registre de la musique classique signifie «Avec légèreté » et décrit davantage la manière dont a été conçu le disque plutôt que son propos. En évoquant ses blessures intimes et ses questionnements, Kent y a mis une bonne dose de gravité. « Pendant l’enfance et l’adolescence, les choses graves ne durent pas, elles s’enfoncent profondément, on croit qu’elles sont passées. Ce n’est pas vrai, mais on ne le sait que plus tard. »
Le retour vers ses racines (Ma ville), la morale (Les remords, les regrets), la sexualité (Dans ta peau), l’humanité (Chasseur-cueilleur), le temps qui passe (Il est trop tard, de Georges Moustaki), le sens de la liberté (Ta liberté), l’intimité (Déjà venu chez toi d’Emmanuel Urbanet), le temps (La dernière fois), la création (Sur la page blanche), la perte (Reviendras-tu me voir ?) le bilan d’une vie, (Scherzando Express), autant de thèmes abordés à travers des textes ciselés, dit d’une voix profonde et chaleureuse, sur des mélodies qui font mouche.
Enregistré en une semaine en trio dans les conditions du live, avec Marc Hausmann (piano), Alice Animal (guitare électrique) et lui-même à la guitare acoustique, la production de l’album a été confiée, comme sur le précédent à David Sztanke (Tahiti Boys & The Palmtree Family).
Aujourd’hui toute cette musique faite par ordinateur me saoule
« On a voulu faire cet album avec légèreté, raconte Kent, parce que plus tu rajoutes d’instruments moins tu t’occupes du texte, et c’est ce qui est un peu embarrassant finalement avec la pop ou le rock. Aujourd’hui toute cette musique faite par ordinateur me saoule. La musique à portée de tous, c’est peut-être la démocratisation ultime, mais la question qui reste: c’est qu’est-ce que c’est le talent ? Je continue à penser que les valeurs premières sont la composition, l’écriture et je vais m’en tenir à cela. Moi, ce que j’adore, c’est chanter, accompagné par des musiciens.»
La chanson Scherzando Express, qui donne le nom et le ton de l’album dure 8 minutes. «Huit minutes, c’est la durée habituelle des morceaux que je détestais quand j’étais môme. C’est une chanson qui a 20 ans. J’avais commencé à la jouer sur scène, mais je ne l’avais pas enregistrée, je n’étais pas satisfait. À l’époque je m’étais dit, tu es trop jeune pour chanter cela. Je l’avais écrite quelque temps après la naissance de mon fils, comme si je lui racontais quelque chose. Elle est restée au frigo, jusqu’à l’album.» Un album qui a failli d’ailleurs ne pas exister. « Après La Grande Illusion, mon dernier album studio en 2016, j’avais décidé de me consacrer à d’autres choses qu’à la chanson. Je pensais que je n’avais plus rien à prouver, qu’il fallait s’arrêter avant que je ne me lasse ou que je lasse… et puis j’avais de nouveaux projets. »
En 2019, l’artiste hyperactif, vient de publier coup sur coup un 9e roman brillant et très bien ficelé, Peine perdue (Le Dilettante), puis renoué avec son premier amour, la bande dessinée, avec Ombres et Lumières (Delcourt), un album sur la vie d’Elvis, cosigné par le journaliste Patrick Mahé, grand fan du King.
Alors que Kent éprouve le besoin de faire une pause, l’épidémie de Covid arrive et tout s’arrête. « Moi qui voulais prendre une année sabbatique, j’étais servi. Mais au fil des confinements successifs, je me suis retrouvé à tourner en rond. Je me retenais encore de prendre ma guitare. Le problème, même quand je ne fais rien, que je ne veux rien faire, je pense malgré tout en chanson. Je vois, je vis des choses, et les premières choses qui me viennent à l’esprit, ce sont des vers, des mélodies, c’est plus fort que moi. Finalement au troisième confinement, pour lutter contre ce sentiment d’inaction sans liberté, je me suis dit basta, c’est bon, laisse-toi aller quoi ! Consciemment, je n’avais pas envie, mais c’est comme si mon subconscient m’ordonnait de m’y remettre. Ce qui est marrant, c’est que j’écrivais des chansons ou je les aboutissais, car j’ai toujours des chansons qui traînent, et qui à ce moment-là, trouvaient une étincelle. Je les ai maquettées, mis dans mon ordi et ça me suffisait. Elles existaient. »
Finalement, c’est le label qui a proposé de faire le disque. « Les musiciens avec lesquels j’aime travailler étaient disponibles, j’ai dit OK.» L’album est également l’occasion d’une belle et heureuse rencontre avec la chanteuse Alice Animal, son incontestable double au féminin, qui intervient sur les chœurs et s’impose magistralement en duo.
Scherzando, dans les bacs depuis le 16 septembre. Kent en concert au Café de la danse (Passage Louis-Philippe, Paris 11e) le 7 octobre.
DidierLAGARDE
le
Un disque qu’il faudra que j’écoute bientôt.
Très bonne interview
Dany vda
le
Pour l’avoir vu sur scène, c’est un véritable artiste qui mérite le succès .
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« Avec gravité mais avec légèreté », Kent sort un disque intimiste en forme de bilan
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