À Berlin, Manhattan Associates veut être acteur des transformations supply chain – Voxlog

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Trois années ont passé depuis la dernière édition physique du Manhattan Exchange, l’évènement européen organisé par l’éditeur Manhattan Associates autour de ses clients et de ses solutions pour la supply chain. Une période particulièrement complexe et chargée pour le secteur, où l’entreprise a été obligée de s’adapter aux perturbations, comme le raconte Eddie Cappel, CEO de Manhattan Associates : « Nous avons été obligés d’innover ces trois dernières années. La bonne nouvelle, c’est que notre système était assez flexible pour changer rapidement selon les variations : quand le Covid a débuté, nous avions des pics importants pour certains produits, et des inventaires qui ne bougeaient plus dans les magasins fermés. Puis quand l’activité est repartie, ce sont les usines en Asie qui ont fermé. Ensuite, les ports étaient saturés, avec des pénuries de ressources de transport. Et maintenant, alors que la supply chain est pleinement relancée, c’est la demande qui est en baisse dans un contexte d’inflation. Ce sont donc quatre grands cycles qui se sont enchainés rapidement. Et certains de nos clients ont indiqué que sans Manhattan Active Omni, ils n’auraient pas pu survivre à ces crises… ». D’autant qu’il a fallu suivre également l’évolution des demandes des clients : « On observe la volonté de ne plus penser par canaux de distribution chez les consommateurs, en supprimant la distinction entre magasin et e-commerce. Cette relation entre client et retéailer constitue un luxe permettant beaucoup de choses, mais aussi une pression pour le retailer qui doit pouvoir compter sur sa supply chain derrière », note Henri Seroux, SVP EMEA chez Manhattan Associates. Un avis partagé par Eddie Cappel : « Dans un contexte de demande contrainte, les retailers doivent pouvoir répondre positivement à toutes les demandes des clients, ce qui nécessite des technologies sophistiquées : il faut savoir où est l’inventaire, où il est vendable, quel est son prix, comment l’amener au client, comment le préparer. Nous nous voyons comme des teneurs de promesses ». Les flux de la supply chain doivent donc évoluer, du côté des services, avec la montée forte du ship-from-store ou du micro fulfillment, mais aussi des technologies : « On a vu une démocratisation dans l’utilisation de la robotisation dans les centres de distribution, afin d’offrir plus de résilience avec ce niveau haut de demande des clients », poursuit Eddie Capel.
 
À l’occasion de son évènement européen, Manhattan Associates a ainsi dévoilé les résultats d’une étude internationale autour des attentes des consommateurs, en interrogeant 3 500 personnes et 700 cadres d’entreprises du retail. De quoi montrer que « les habitudes d'achat ont changé de manière irréversible », selon Henri Seroux, avec « 83 % des retailers affirmant désormais qu'ils opèrent leurs fonctions en ligne et en magasin de manière interconnectée. ». Plus généralement, 50 % d’entre eux proposent l'achat en magasin et le retour en ligne, 46 % l'achat en ligne et le retour en magasin, là où 6 % seulement ont une vue précise de l’ensemble de leurs stocks pour la totalité de leurs activités. Côté consommateur, 34 % considèrent le click & collect comme le mode de livraison le plus important, suivi par le drive, tandis que 24 % d’entre eux veulent être en mesure de vérifier la disponibilité d'un produit dans un magasin voisin en cas de rupture de stock, ou de commander ce produit pour une livraison à domicile ou un retrait en magasin. Dans ce sens, 63 % des retailers pensent que la vérification de la disponibilité des stocks est la tâche la plus importante effectuée par leurs vendeurs en 2022. « Aujourd'hui, de nombreux retailers réévaluent le rôle de leurs magasins et comprennent leur valeur ajoutée en tant que centres stratégiques pour les ventes en ligne, notamment en tant que centres d'exécution pour le click & collect, les retours, les endless aisles [intégralite du catalogue proposé en magasin], la livraison le jour même, etc. Alors que la digitalisation et le shopping sans friction sont certainement deux des grands gagnants de la pandémie, l'étude montre que nous ne devrions pas écarter trop vite l'importance de l'interaction humaine ou le rôle du magasin physique à l'ère du e-commerce », estime Henri Seroux.
 
Pour atteindre cette capacité d’adaptation et d’innovation, Manhattan Associates peut s’appuyer sur le fait que ses solutions sont déjà basées nativement dans le Cloud. « Nous sommes désormais devenus un éditeur Cloud First, et avons mené progressivement la bascule de notre OMS, puis de notre WMS et enfin de notre TMS. C’est une façon pour nous d’apporter plus de services aux clients, avec des cycles de développement plus rapides », détaille Henri Seroux. La migration vers ces solutions cloud est progressive, mais soutenue chez les clients de Manhattan Associates, qui compte déjà 80 abonnements à ses offres hébergées chez Google Cloud. Avec une promesse : des nouvelles versions pour ses solutions tous les 90 jours. Un rythme qui a représenté un vrai challenge organisationnel. « Il a fallu repenser la manière dont nous innovons et nous livrons nos nouveautés, et être plus productifs. Nous nous sommes inspirés d’entreprises comme Spotify, qui fonctionnent sur le principe de « products squads » : il s’agit de réunir des clients et des ingénieurs devant une feuille blanche et de développer rapidement une solution pour qu’elle soit en production en l’espace de quelques mois », explique Brian Kinsella, SVP Product Management chez Manhattan Associates. Ce rythme trimestriel pourrait être accéléré, mais Manhattan Associates préfère le maintenir pour mieux piloter la conduite du changement : « Il n’y a aucune contrainte à aller plus vite, mais nous proposons des solutions aux sociétés où toute évolution et innovation doit être accompagnée. Packager ainsi nos nouveautés permet aux entreprises de mieux appréhender chaque nouvelle version », note Henri Seroux. Plus généralement, Manhattan Associates pense maintenant ses solutions comme des « nids d’abeilles », avec une large gamme de petits modules indépendants, peuvant être déployés selon les besoins du client.
 
 
Parmi ces évolutions récentes, on peut noter une expansion du module de yard management, déployé dans le WMS : « Nous avions déjà des solutions sur ce sujet, mais nous voulions pousser plus loin le lien entre TMS et WMS, car le yard management se trouve à la jonction de ces deux mondes. Nous avons travaillé avec cinq clients de différents pays et industries, pour analyser les besoins opérationnels, les optimisations d’interfaces. Nous avons pu définir une quinzaine de cas d’utilisations concrets », raconte Brian Kinsella. Autre nouveauté : un module d’allocation des marchandises, déjà existant, que Manhattan Associates a repensé en tant que micro-service : « L’omnicanalité complique la visibilité sur tout l’assortiment. Jusqu’ici, avec le WMS et TMS, nous offrions une optimisation pour que la commande soit servie au mieux, selon les délais et les coûts. Avec l’allocation, nous allons plus loin et offrons un rafraîchissement en temps réel pour savoir, selon l’impact des ventes en magasins et la taille des stocks, où réorienter le flux des nouvelles marchandises », indique Henri Seroux. Au total, l’éditeur a investi un demi-milliard de dollars dans l’innovation dans les cinq dernières années. Et veut aussi permettre à ses clients pour qu’ils prennent en main la solution : « Nous avons une politique en trois étapes : no code, low code, your code. Notre ambition est de proposer des solutions sans code, clé-en-main, avec le plus de fonctions possibles. Si nous réalisons que vous désirez des solutions plus spécifiques selon vos besoins et que vous voulez aller plus loin, vous pouvez utiliser le low code, pour ajouter des élements dans les interfaces, les process, ou pour améliorer les modèles de données. Et enfin, si vous avez besoin d’une flexibilité totale, vous pouvez rajouter « your code » : nous avons une librairie d’API et d’extensions qui peuvent être modifiées avec des guides pour vos équipes de développement. Des clients pour Nike ou Gucci ont pu suivre ce mouvement vers le développement de solutions propres sur notre plateforme Manhattan Active », raconte Brian Kinsella.
 
Si les innovations se poursuivent chez Manhattan, l’entreprise a d'autre part donné quelques éléments de sa roadmap pour ses solutions cloud. Tout d’abord une nouvelle interface pour sa plateforme Manhattan Omni, qui permet d’avoir une vision complète sur tous les échanges entre un client et l’entreprise, afin d’offrir une expérience unifiée. Des informations réunies qui peuvent être utilisées sous la forme de chatbot sur les sites web des retailers, pour que le client puisse gérer lui-même ses besoins. Côté magasin, l’éditeur se penche à nouveau vers la RFID, dont la démocratisation, depuis son apparition il y a plus d’une décennie, permet de tendre vers une amélioration des stocks en magasin. « Nous travaillons avec Zebra pour intégrer la RFID dans notre application de fullfilment », détaille Brian Kinsella. Un module dédié à la priorisation des tâches en magasin est également en développement, afin de guider les collaborateurs face à un magasin qui est devenu pluriel, avec de nouveaux services à gérer (expédition en ship-from-store, click and collect, etc). Plus généralement, Manhattan Associates veut tendre vers une intégration totale de toutes ses solutions clouds pour manager l’ensemble de la supply chain de bout en bout.

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