7 entreprises à la pointe de la sobriété énergétique – Les Échos

Les grandes entreprises françaises n'ont pas attendu l'injonction gouvernementale pour réduire leur consommation d'énergies fossiles. Optimisation des équipements, diversification des sources d'énergie, réutilisation de la chaleur, écoconduite : tous les moyens sont bons. Zoom sur sept cas d'école précurseurs.
Par Florence Bauchard
Les grandes entreprises françaises ont pris à bras le corps depuis quelques années la question de la sobriété énergétique, ne serait-ce que pour réduire leur empreinte carbone.
Le Premier ministre portugais Antonio Costa lui-même avait fait le déplacement. Le 7 septembre dernier a été inaugurée la centrale photovoltaïque de l'aéroport de Faro, la première de ce type au Portugal. D'une capacité de 3 MWc (mégawatts-crête, unité mesurant la puissance maximale en conditions standard), elle va couvrir 30 % des besoins en électricité de cette concession aéroportuaire du géant français. C'est surtout l'une des vitrines du vaste programme de verdissement des énergies consommées par ses différentes infrastructures, qu'elles soient aéroportuaires comme autoroutières.
Au Portugal, cinq autres aéroports sont concernés, de même que celui deLyon-Saint-Exupéry en France. Le choix du solaire s'impose pour atteindre les objectifs de décarbonation que s'est fixés dès 2016 Vinci Airports : zéro émission nette de CO2 en 2050 dans le monde, mais dès 2030 pour l'Europe. Aujourd'hui, le déploiement de panneaux photovoltaïques installés par Vinci Concessions (aéroports et autoroutes cumulés) atteint 35 MWc sur un potentiel de 1 GWc (soit 1.000 MWc).
Depuis 2009, l'opérateur postal français a formé pas moins de 80.000 postiers à l'écoconduite . Passage rapide des vitesses pour arriver au rapport qui consomme le moins, respect des distances de freinage, frein moteur pour décélérer dans les paysages accidentés ou encore accélération modérée dans les montées, autant de gestes qui au final génèrent une économie de près de 10 % de carburant. Au passage, le bilan CO2 de sa flotte de véhicules en profite également.
Aujourd'hui, 100 % des nouveaux conducteurs suivent ce module de formation d'une heure trente dispensé en présentiel ou en e-learning. Pour ne pas perdre la main, les 80.000 personnes déjà formées bénéficieront sur la période 2020-2023 d'une piqûre de rappel via une nouvelle session d'e-learning actualisé. Des compétences que les salariés ne manqueront pas de mettre à profit également au volant de leur véhicule personnel !
Quatre ans et 30 millions d'euros d'investissement ont été nécessaires pour moderniser Aniche-Emerchicourt , la principale unité de production de vitrage pour le bâtiment de Saint-Gobain en France. L'occasion de travailler sur l'équation énergétique d'un métier très énergivore en récupérant la chaleur émise par le process de fabrication sur ce site des Hauts-de-France qui vient de fêter son bicentenaire. Lancés début 2021, plusieurs projets innovants en la matière verront le jour l'an prochain. Concrètement, une partie de la chaleur dégagée lors des différentes étapes de la production du verre sera récupérée et réutilisée notamment pour la fusion des matières premières nécessaires à la fabrication du verre, mais également pour chauffer les magasins de stockage du produit fini, qui a besoin d'une température minimale pour conserver ses propriétés.
Globalement, ces mesures vont permettre de réduire de plus de 10 % les consommations de gaz du site qui s'est illustré récemment en démontrant la capacité du groupe à produire le verre le plus bas carbone du marché.
« Les premiers travaux sur les économies de carburant de la compagnie remontent à 2009. Après une montée en charge des mesures en 2015, nous sommes passés dans le monde d'après depuis 2018 en les démultipliant », explique Laurent Lafontan, directeur du développement pour les opérations aériennes d'Air France. Après avoir épuisé le volant de solutions aussi simples que le zéro papier, les sièges plus légers, le remplissage des réserves d'eau en fonction du nombre de passagers et de la longueur du trajet ou encore l'utilisation dans la mesure du possible d'un seul moteur pour rouler vers la piste de décollage, la compagnie a codéveloppé avec la start-up Safety Line une appli pour optimiser les trajectoires de vol . Disponible sur tablette, cet outil donne aux pilotes les éléments pour choisir les vitesses qui permettent d'optimiser les pentes de montée, pour adopter les trajectoires les plus directes en régime de croisière et pour privilégier une descente lisse ou continue plutôt que par paliers, en fonction des conditions de trafic, de la météo du jour et des performances de l'appareil.
« Si l'on prend l'exemple des descentes continues, ces expérimentations concernent déjà 15 % de nos arrivées à Roissy sur Boeing 777 ou 737, ce qui équivaut à un gain annualisé de 1.500 tonnes de carburant et une division par deux des nuisances sonores, explique Laurent Lafontan. Un total de 13.000 tonnes pourrait être dépassé si l'outil était déployé sur toute notre flotte, à condition de bénéficier systématiquement, sur Roissy, de possibilités de descente continue. » En février prochain, cette procédure sera officiellement adoptée par l'aéroport Charles-de-Gaulle.
A lui seul, le poste peinture de la carrosserie pèse 40 % du coût énergétique de l'assemblage d'un véhicule, d'où l'attention renouvelée d'un constructeur comme Renault pour optimiser le temps de chauffe nécessaire à une peinture de qualité. « Dès la fin de 2021, quand le prix du gaz a commencé à s'envoler avant même la crise ukrainienne, nous avons relancé un management très serré de toutes nos usines pour prendre en main ce temps de chauffe. Il s'agit d'avoir la bonne personne au bon moment pour mettre en route le chauffage des bains avant l'arrivée de la première équipe », explique le directeur de l'ingénierie du système industriel, Nicolas Estèbe.
Si la marque au losange s'est dotée déjà depuis six ans d'une équipe dédiée à la gestion des systèmes énergétiques et d'un système de mesure des consommations, « ce dernier a besoin d'être modernisé ». Il faut multiplier la mise en place de capteurs pour mesurer non plus quotidiennement, mais heure par heure, la bonne marche de ce poste. Objectif : être en capacité « d'alerter en temps réel le management des sites et non plus de traiter le matin les résultats de la veille », souligne ce responsable. À lui de corriger le timing de l'intervention humaine nécessaire pour mieux gérer ce temps de chauffe et donc son coût énergétique.
IntenCity , le nouveau centre de R & D du géant des services énergétiques ouvert à Grenoble depuis deux ans, constitue une véritable vitrine de son savoir-faire en matière de gestion technique des bâtiments . Ses besoins énergétiques sont huit fois plus faibles que la moyenne des bâtiments tertiaires standards en Europe. L'utilisation, dès la conception du centre, d'une maquette de visualisation 3D, y compris pour reproduire en temps réel le comportement énergétique du bâtiment, y participe. Tout comme le choix d'une enveloppe de béton, de vitrages électrosensibles Saint-Gobain et de protections solaires. La température, la lumière naturelle ou artificielle ou encore l'humidité relative sont suivies par une armada de capteurs qui génère quelque 60.000 données toutes les une à dix minutes. Sur la foi de ces données et du planning d'occupation des locaux par quatre profils type d'utilisateurs, une plate-forme informatique adapte automatiquement zone par zone la ventilation et la température dans un bâtiment pensé dès sa conception par le cabinet Groupe-6 Architecture pour être énergétiquement performant.
Les efforts de sobriété énergétique du géant coopératif agroalimentaire ne datent pas d'hier. Dès 2016, plus d'une trentaine d'études sont lancées dans le cadre d'un programme baptisé Franklin. Parmi les démarches initiées par 25 de ses sites, la Cidrerie de Domagné constitue un cas particulièrement intéressant. L'usine bretonne, qui traite 30.000 à 40.000 tonnes de pommes par an, a saisi cette occasion pour changer de système de refroidissement en remplaçant ses onze compresseurs par une technologie à base d'ammoniaque. Au passage, l'unité du leader français du cidre a fait coup double, devançant à la fois l'interdiction de certains gaz frigorigènes à l'horizon de 2030 et réduisant sa facture énergétique, sans compter le temps d'entretien du système. En cumulant son impact avec les efforts réalisés par ailleurs, notamment en récupération de chaleur, Domagné a réduit sur cinq ans de 7 % ses factures de gaz et d'électricité, ce qui permet d'économiser annuellement 530 tonnes d'équivalent carbone ou 550 vols aller-retour Paris-New York.
Florence Bauchard
Tous droits réservés – Les Echos 2022

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