5 exercices pratiques pour préparer au mieux votre projet de reconversion – Capital.fr

Vous avez envie de changer de job, vous en avez marre, vous en parlez souvent. Pourtant vous ne bougez pas, vous êtes tiraillé entre deux choix binaires : je reste ou je pars. Pourtant Paul Nutt, chercheur à l’université d’Etat de l’Ohio, a mis en évidence que le nombre idéal d’options à envisager pour diminuer son risque d’échec est de l’ordre de 3 ou 4.
Donc quand on se pose la question de son avenir professionnel, mieux vaut réfléchir avec plusieurs options sur la table : par exemple, je me forme à de nouvelles compétences en parallèle de mon job, je prends rendez-vous avec mon RH pour envisager une mobilité en interne, je propose à mon manager de développer une nouvelle activité, j’investis la créativité inutilisée dans mon travail dans un projet personnel qui a du sens pour moi…
1. Imaginez que l’option que vous envisagez, par exemple «quitter mon job» ou «lancer ma boîte», soit interdite. Qu’est-ce que vous feriez pour améliorer quand même votre situation ?
2. Demandez-vous ce que vous conseilleraient votre meilleur ami, votre pire ennemi et enfin quelqu’un que vous admirez.
3. Parlez-en à des gens qui ont été confrontés au même dilemme.
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Les médias ne parlent que de ça : pas un mois sans qu’un magazine ne fasse un sujet sur le changement de vie, ou les comptes Instagram d’individus passés du marketing à l’art floral… Bref, on a presque l’impression d’être un loser si on n’a pas switché pour devenir artisan ou freelance ! Dans un pays très normé comme la France, où il est difficile de faire autre chose que ce à quoi on s’est initialement formé, c’est une excellente nouvelle de voir que la reconversion est de mieux en mieux acceptée. Ce phénomène révèle aussi que la quête de sens est désormais un mouvement de fond qui impacte toutes les générations et toutes les couches de la société. Mais attention aux phénomènes de mode.
Changer de vie n’est pas aussi simple que de changer de chaussures. D’ailleurs toutes les bifurcations n’ont pas besoin d’être radicales : avant de plaquer son job, on peut déjà essayer de l’exercer autrement et cela suffit parfois à retrouver son équilibre ! Il n’y a pas UN modèle de réussite et encore moins UN modèle de switch qui s’appliquerait à tous les candidats au changement de vie. A chacun de donner sa propre définition de la réussite. C’est l’un des premiers objectifs de notre programme «Fais le bilan calmement», qui propose une alternative innovante aux bilans de compétences classiques.
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La réussite «en soi», c’est celle qui est dictée par :
– des injonctions sociales et un modèle de ce que devrait être la réussite. Ces modèles évoluent d’une génération à une autre ou d’une culture à l’autre. Pour la génération de nos parents, c’était un job stable en CDI, gagner beaucoup d’argent et s’acheter une montre de luxe avant 50 ans.
– Un modèle familial. Pour ma part, je viens d’une famille assez intellectuelle qui travaille traditionnellement dans le secteur public ou le soin. Quand j’ai annoncé il y a quelques années que je me lançais dans l’entrepreneuriat, je peux vous dire que je n’ai pas eu l’impression de me conformer au modèle de réussite familial, très éloigné de la dimension entrepreneuriale…
La réussite «pour soi» est celle qu’on définit avec ses propres critères. En étant capable d’identifier ce qui relève des injonctions sociales ou de notre modèle familial dans l’idée qu’on se fait de sa propre réussite.
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Pour vous aider à identifier ce qui compte vraiment pour vous et ce qui constitue vos critères de réussite personnels, voici un exercice, «La lettre de 80 ans».
1. Prenez du vrai papier et un vrai stylo (l’exercice est plus efficace s’il est manuscrit).
2. Fermez les yeux et imaginez que vous avez 80 ans. Vous êtes dehors sur votre fauteuil, vous écoutez de la musique que vous aimez, il y a un petit air frais et agréable… Et vous avez 80 ans. Repensez à votre vie : qu’est-ce que vous avez accompli ? Avec qui, auprès de qui ? Qu’est-ce que vous avez aimé faire ? De quoi êtes-vous fier ? Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes senti utile ?
3. Maintenant, écrivez-vous une lettre comme si vous étiez cette personne de 80 ans et que vous vous adressiez à la personne que vous êtes aujourd’hui. Qu’est-ce que vous vous diriez ? Quels rêves vous encourageriez-vous à poursuivre ? Qu’est-ce que vous vous encourageriez à faire, être, avoir ? Qu’est-ce que vous vous inciteriez à ne pas abandonner ? Qu’est-ce qui, au contraire, vous semblerait complètement futile?
Quand on ne sent pas à sa place dans son job, le premier réflexe est souvent d’envisager une reconversion radicale. Parfois à raison, surtout dans cette période qui suscite des réflexions autour de son utilité et de l’alignement de nos valeurs avec notre travail…
Avant de remettre en cause le contenu de ce que vous faites au quotidien, commencez plutôt par réfléchir à ces deux aspects :
1. Quelle est la place que vous accordez au travail dans votre vie ?
2. Dans quelles conditions travaillez-vous ?
On peut avoir un job épanouissant en théorie… Toutefois, s’il ne respecte pas un certain équilibre entre pro et perso, ou si on ne l’exerce pas dans de bonnes conditions, pas sûr qu’on soit plus heureux à la fin. Chez Switch Collective, lors des formations que nous organisons en entreprise, nous sommes confrontés à des problèmes de désengagement, mais aussi – et bien plus souvent qu’on ne le pense – à des situations de surengagement. Dans les entreprises avec de fortes valeurs humanistes par exemple, beaucoup de collaborateurs très investis veulent en faire toujours plus, avec le risque de n’y arriver qu’en travaillant de manière acharnée. Nous rencontrons également des personnes qui ont fait le switch dont elles rêvaient, mais qui dépassent leurs limites et s’épuisent. La leçon à retenir est qu’un métier passionnant risque d’être too much si vous ne repensez pas la place que vous donnez au travail dans votre vie.
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1. Remettre en cause vos croyances familiales. Quelle était la place du travail dans votre famille (centrale ou accessoire, positive ou négative, identitaire ou utilitaire…) ?
Quelle identité vos parents ont-ils construite à travers leur travail (je suis responsable, utile, engagé ou efficace) ?
A qui cherchez-vous à plaire ? De qui cherchez-vous à obtenir l’approbation avec votre job ?
2. Interroger le statut que vous voulez véhiculer avec votre job. Jusqu’à quel point votre job est-il identitaire pour vous ? Si vous êtes vraiment honnête, quelle importance donnez-vous à l’image que votre job renvoie ?
3. Ne pas tout faire reposer sur votre job. Votre travail, au sens d’activité rémunérée, n’est qu’une manière d’exprimer qui vous êtes et ce à quoi vous souhaitez contribuer. Vous pouvez aussi vous investir dans une activité personnelle en parallèle de votre travail… avant d’envisager un changement plus radical.
4. Faire autant attention aux conditions de travail qu’au travail en lui-même.
Si vous n’êtes pas heureux dans votre job, demandez-vous si le problème vient de son contenu ou des conditions dans lesquelles vous l’exercez. Que vous a appris cette période de confinement sur la place que vous voulez donner à votre travail ? Et qu’est-ce que vous aimeriez conserver après ?
Pensez à trois personnes autour de vous pour qui vous éprouvez un peu de jalousie, notamment professionnelle.
Pour chacune d’elles, demandez-vous de quoi vous êtes vraiment jaloux ?
1. De son statut ou son prestige ? Par exemple, votre copain Ludo qui est au comex d’une grosse boîte, est-ce que vous êtes sûr de l’envier pour l’intérêt de son job ? Ou juste de l’image que cela renvoie ? Pourquoi voudriez-vous renvoyer cette image ? Pour faire plaisir à qui ? Pourquoi avez-vous besoin de ça pour vous donner de la valeur ?
2. De ses conditions de travail et donc de ses conditions de vie (équilibre vie pro et perso, type d’entourage, horaires, flexibilité) ? Par exemple, votre amie Stéphanie qui est comédienne en parallèle de missions de conseil en communication : êtes-vous envieux parce que vous aimeriez vous-même être comédien ou bien parce que vous enviez la place qu’elle a donnée à sa passion ? Le fait qu’elle soit entourée de gens créatifs ? Qu’elle se soit construit un agenda flexible ? Comment pourriez-vous injecter un peu plus de tout ça dans votre vie ?
Quand vous étiez petit et qu’on vous demandait : «Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ?», que répondiez-vous ? Astronaute ? Médecin ? Chacun son truc, mais je suis à peu près sûre que vous donniez le nom d’un métier. C’est normal : on nous a appris à raisonner comme ça. Et pourtant ça peut être dangereux. D’abord parce que sur le marché du travail, les métiers évoluent à toute vitesse. 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui (selon un rapport de Dell Institute For The Future publié en 2018). Et d’après l’OCDE, les moins de 30 ans auront au moins 13 métiers différents au cours de leur vie !Chez Switch Collective, on ne vous apprend pas à cibler un métier, mais à vous connaître. Ce qu’il y a de pérenne et de solide sur un marché en mutation profonde, c’est vous, votre connaissance de vous-même et votre capacité à vous (ré)orienter de la meilleure manière possible.
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L’autre réflexe pour répondre à la question «qu’est-ce que je veux faire», c’est de chercher une passion et de trouver le métier qui y correspond. Pourtant, faire le lien de manière automatique entre une passion et un job risque de mener dans la mauvaise direction. Car il y a en général une large part de fantasme : on peut aimer l’idée d’être écrivain, infirmier, entrepreneur… mais pas la réalité de leur quotidien. On aime le résultat, mais pas le processus qui mène à ce résultat. On peut adorer l’idée d’être chanteur, mais pas le job qui va avec : pratiquer, monter un groupe, gérer la logistique, courir le cachet, partir en tournée…).
Et surtout : encore faut-il avoir une passion ! Nous serions 80% à ne pouvoir en identifier une. Ado, je disais à ma mère : «Je suis une passionnée sans passion.» Je suis curieuse, je m’intéresse à plein de choses, mais je n’ai pas une passion bien définie qui me permettrait de prendre un raccourci pour trouver le métier qui me correspond. Et je le vis très bien, merci (enfin aujourd’hui, parce que pendant longtemps ça m’a terrifiée) ! Donc si les questions «quel métier je veux faire» et «quelle est ma passion» ne sont pas les bonnes, comment essayer de comprendre ce qu’on peut faire de sa vie et ce qui a du sens pour soi ? En se posant une question qu’on n’a pas l’habitude de se poser.
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Chez Switch Collective, on vous encourage à ressentir ce qui vous fait vibrer, ce qui vous donne envie de vous lever le matin, pour ensuite chercher à transformer votre vie professionnelle dans le bon sens. Pour répondre à cette question, la notion de « flow » est très utile. Elle a été inventée par le chercheur en psychologie sociale Mihaly Csikszentmihalyi.
Définition : état mental atteint par une personne lorsqu’elle est complètement plongée dans une activité et se trouve dans un état maximal de concentration, de plein engagement et de satisfaction dans son accomplissement.
Caractéristiques : concentration intense, immersion totale dans le moment présent, perte de la conscience de soi, sensation de contrôle et de puissance, satisfaction immédiate, sentiment d’être vivant. La perception du temps n’existe plus.
Pour vous demander ce qui vous rend vivant, la meilleure manière est d’identifier ce qui vous met en état de flow. Voici un petit exercice pour le faire : Cherchez 3 à 10 moments de flow dans votre vie d’enfant, d’ado ou d’adulte (pro et perso) : des moments d’intense concentration où vous étiez complètement absorbé dans ce que vous faisiez et où vous avez perdu la notion du temps. Pour chacun de ces moments, posez-vous ces questions :
Quel était le contexte ? Etais-je seul, en groupe ? Dans quel genre de lieu, d’ambiance ?
Par exemple, vous ressentez un état de flow lorsque vous êtes en voyage ou échangez avec un groupe d’amis, lorsque vous intervenez devant une large audience ou que vous êtes entouré de gens créatifs, etc.
Qu’est-ce que je faisais concrètement, quel était mon rôle ?
Peut-être étiez-vous en train de résoudre des problèmes, débloquer des situations, conseiller, manipuler des chiffres, connecter des gens, faire quelque chose de manuel, vous exprimer en public, etc.
Pourquoi ai-je aimé ce moment ? Qu’est-ce qu’il m’a procuré ?
A partir de là, analysez les éléments récurrents entre les différents moments : on en trouve toujours ! Et c’est précisément le cœur de ce qui vous rend vivant.
Lorsqu’on envisage une reconversion, on pense souvent être dans la pire situation financière pour le faire. C’est une manière erronée de poser le problème. L’argent n’est pas un besoin en soi : on ne mange ni ne respire de l’argent. C’est un moyen qui devrait toujours être au service de la vie que l’on souhaite avoir.Mais voilà : notre relation à l’argent est souvent complexe (et en grande partie inconsciente), liée à des émotions parfois contradictoires : envie, rejet, dégoût, toute-puissance, vanité, peurs, mauvaise conscience, plaisir, excitation, sécurité, insécurité, mépris, etc.
Ça vous parle ? Ces croyances viennent de notre histoire familiale, de la culture, de la société, sans oublier la pression que l’on s’inflige soi-même en se comparant avec les personnes qui nous sont proches. Bref, l’argent est une donnée objective (on en a plus ou moins), mais qui n’existe que subjectivement en fonction du regard que l’on porte sur elle. Ainsi, le frein financier face à la reconversion est donc un mélange de contraintes réelles qu’il faut résoudre (comment vais-je faire concrètement pour continuer à payer mon loyer, mes charges, la vie du foyer…) et de peurs et de croyances limitantes qui brouillent la réflexion et le passage à l’action. Face à ces craintes, il n’y a malheureusement pas de remède miracle.
1. Débusquez vos croyances par rapport à l’argent, qu’elles vous viennent de la société, de votre histoire familiale ou encore de votre entourage.
2. Clarifiez votre intention sur ce qui est important pour vous : d’ici dix ans, qu’est-ce que vous aimeriez vraiment avoir (objets, lieux de vie…), faire (activités, loisirs, métiers, voyages…), être (rôles, qualités, valeurs…).
3. Essayez d’évaluer le montant dont vous avez vraiment besoin pour réaliser ce projet de vie.
4. Etablissez un plan de financement objectif, avec vos dépenses actuelles (essentielles ou superflues), votre épargne disponible, les économies que vous pourriez faire, les revenus additionnels que vous pourriez générer.
Ces deux derniers points peuvent paraître rébarbatifs, mais il n’y a qu’en vous y plongeant concrètement que vous sortirez des fantasmes – et de vos peurs – pour enfin donner corps à votre projet.
Pour vous aider à démarrer votre réflexion, voici un exercice pour vous faire avancer sur la première étape : apprendre à débusquer vos croyances par rapport à l’argent. Tout le reste risque de passer à la trappe si vous ne prenez pas d’abord conscience de vos peurs et des croyances cachées que vous entretenez par rapport à l’argent.
Tentez de répondre à ces questions, en posant les réponses par écrit. Si vous pouvez, faites cet exercice avec quelqu’un d’autre, le résultat en sera plus riche :
1. Quel était le rapport de chacun de vos parents à l’argent ?
Quels ont été les événements marquants dans l’histoire de votre famille liés à l’argent (faillite, vol, arnaques, etc.) ?
Quelles sont les petites phrases que vous avez souvent entendues ? («L’argent, c’est sale», «Ça ne fait pas le bonheur», «Ce n’est pas bien de demander», «Tu es quelqu’un si tu as de l’argent», «Le temps, c’est de l’argent», etc.)
Quelle est votre propre histoire avec l’argent (premier argent de poche, premier salaire, chômage, etc.) ?
2. Ecrivez le mot «argent» sur une grande feuille et notez toutes les croyances qui ont émergé avec les questions précédentes : «Pour moi, l’argent, c’est… la sécurité, la liberté, sale», etc.
3. Prenez de la distance avec chacune de ces croyances en ajoutant la question «toujours ?» (l’argent est-il toujours synonyme de sécurité, l’argent rend-il toujours libre, etc.)
(Cet exercice est inspiré de méthodologies proposées par Philippe Geffroy dans son livre Soignez vos problèmes d’argent (éditions Maxima, 2009), que je vous recommande si vous voulez aller plus loin.)
Diplômée de l’Essec Paris et de l’université Bocconi de Milan, Clara Delétraz a piloté le lancement de l’initiative French Tech auprès de Fleur Pellerin, ex-ministre de la Culture et ministre déléguée chargée de l’Innovation et de l’Economie numérique, entre 2013 et 2015. Elle a cofondé Switch Collective avec Béatrice Moulin en 2015.
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