2032: les taxis volants déferlent sur les métropoles – Challenges

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SCENARIOS DE RUPTURE (15/33) – Après des débuts poussifs à la fin des années 2020, le marché des taxis volants décolle vraiment en 2030. Face aux géants mondiaux, un Français réussit à faire son trou.
Le taxi volant de l’américain Joby Aviation
Cet été, Challenges vous propose un bond dans le futur. Nous publions, dans le cadre de notre série sur les scénarios de rupture, des projections, en version résumée et rééditée, réalisées par la Red Team, une équipe d'auteurs de science-fiction réunie par l'Agence d'innovation de la défense, mais aussi des scénarios imaginés par nos soins, écrits par des spécialistes, des contributeurs extérieurs, ou encore imaginés par notre partenaire The Economist. Bonne lecture!
En ce lundi matin pluvieux, une foule dense se presse au "vertiport" de Roissy-Charles de Gaulle. Depuis son ouverture deux ans plus tôt, en octobre 2032, la liaison avec le quartier de La Défense, effectuée par les taxis volants de l'allemand Volocopter, ne désemplit pas. Les petits engins électriques à décollage et atterrissage vertical, 100% autonomes, décollent toutes les 2 minutes, et atterrissent un quart d'heure plus tard en plein cœur du premier quartier d'affaires d'Europe. A l'arrivée sur l'esplanade, les quatre passagers débarquent en une quinzaine de secondes. Quelques mètres plus loin, un robot enlève le pack de batteries à l'arrière de l'appareil, et le remplace par un jeu de batteries chargées: l'engin est prêt à repartir pour Roissy.
Le prix de la course, autour de 130 euros, n'effraie pas les hommes d'affaires. Ils évitent ainsi les embouteillages monumentaux autour d'une capitale entourée de péages, et dont le périphérique, à deux voies, est interdit à 80% des voitures. La révolution des taxis volants est pourtant loin d'être complète. A l'issue d'un bras de fer mémorable entre les industriels du secteur et la maire de Paris, les vols vers le centre de la capitale sont restés interdits, à l'inverse de Londres, Sao Paulo, Dubai ou New York. Les exploitants se sont rabattus sur quelques liaisons très rémunératrices: la desserte du plateau de Saclay (Essonne) et de ses centres de recherche, opérée depuis l'ancien héliport d'Issy-les-Moulineaux ; ou la stratégique liaison Orly-Roissy, ultra prisée, qui contourne Paris par l'est.
La grande lutte pour le marché des taxis volants, au début des années 2020, a vu peu de gagnants et beaucoup de perdants. Les premiers vols autour de Paris, lors des jeux Olympiques de 2024, se sont révélés un énorme four. Le CityAirbus, taxi volant d'Airbus pressenti pour faire les vols de démonstration, n'était pas prêt. Volocopter, plus avancé, peinait à décrocher sa certification. Les engins du constructeurs allemand n'ont finalement réalisé que quelques rotations sans passagers au-dessus des champs de patates du Val d'Oise, devant un Emmanuel Macron dont le sourire figé peinait à cacher la déception.
Ce n'est qu'au cours de la seconde partie de la décennie 2020 que le marché s'est vraiment éclairci. Plus que la technologie ou le montant des fonds levés, c'est la capacité à faire certifier les aéronefs par les régulateurs de l'aérien qui a fait la différence. A ce jeu, seuls quelques champions ont émergé. L'américain Joby Aviation, soutenu par Intel, Toyota et Uber, a devancé ses concurrents Wisk (soutenu par Boeing) et Supernal (filiale américaine du sud-coréen Hyundai). En Allemagne, Volocopter, fort de relations nouées très tôt avec l'EASA, le régulateur européen, a été le plus rapide. Le brésilien Eve, filiale d'Embraer, a également connu un décollage express, avec de multiples commandes en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Le britannique Vertical Aerospace réussit également à s'imposer, multipliant les liaisons entre les métropoles du Royaume-Uni.
La Chine? De façon assez étonnante, l'empire du Milieu a raté le coche. Son champion eHang, pionnier du secteur mais plombé par des crashs à répétition, a été interdit en Europe. Pékin a contourné le problème en montant, via Tencent, au capital de l'allemand Lilium, spécialiste des engins électriques rapides. Pour éviter une prise de contrôle, Berlin a dû dégainer en urgence, en 2023, une sorte de décret Montebourg plafonnant la participation chinoise à 49%. Quant aux gros bonnets de l'aviation, ils n'ont pas réussi à suivre le rythme des start-up. Boeing et Rolls-Royce ont abandonné leurs projets en 2027. Airbus, lui, a dû filialiser son projet CityAirbus, et faire entrer des partenaires financiers extérieurs pour relancer le programme.
Pragmatique, le géant européen a réagi en rachetant, en 2026, un tiers du capital de la start-up toulousaine Ascendance Flight Technologies, seul acteur français en position de concurrencer les géants mondiaux. Pari réussi: fort du soutien financier et technique d'Airbus, d'un investissement  d'un milliard d'euros du fonds Tikehau et des subsides du plan France 2030 du gouvernement, la jeune pousse frappe un grand coup en 2031 en battant Lilium sur l'appel d'offres de la liaison Toulouse-Bordeaux. Le match retour est déjà prévu: le stratégique Hambourg-Berlin. Une victoire serait du meilleur effet: Ascendance prépare son entrée en Bourse pour début 2033.

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